Un important incendie de forêt en Alberta, dans l’ouest du Canada, a provoqué l’évacuation de la ville de Swan Hills et la suspension temporaire d’activités pétrolières, perturbant la production d’hydrocarbures dans une région-clé du pays. L’incendie, baptisé SWF076, s’étend sur environ 1 600 hectares et brûle de façon incontrôlable à seulement 7 kilomètres au nord de cette localité de 1 200 habitants.
Face à la menace, les autorités ont ordonné l’évacuation de la population lundi soir. Les résidents ont été redirigés vers un centre d’accueil situé dans la ville de Whitecourt, à environ 50 minutes de route. Par mesure de précaution, l’entreprise Aspenleaf Energy, active dans la zone, a interrompu sa production et évacué son personnel. Cette décision, selon le PDG Bryan Gould, a été motivée par la proximité des flammes — à 10 kilomètres des installations — et a entraîné la mise à l’arrêt d’environ 4 000 barils d’équivalent pétrole par jour.
D’autres acteurs majeurs du secteur, comme Ressources naturelles canadiennes, le plus grand producteur de pétrole et de gaz du pays, sont également présents dans la région de Swan Hills. L’entreprise n’a pas commenté la situation pour le moment. Un second feu de forêt, plus modeste, d’environ 390 hectares, sévit également dans le comté de Yellowhead, au sud-ouest de la province.
Ce sont les premiers incendies majeurs de la saison printanière en Alberta, après une année 2023 particulièrement destructrice, marquée notamment par les dégâts dans la ville touristique de Jasper, dans les Rocheuses. Les feux de forêt constituent depuis plusieurs années une menace récurrente pour l’industrie énergétique canadienne. En mai 2023, plus de 100 incendies avaient contraint les entreprises à suspendre la production de près de 319 000 barils par jour, soit 3,7 % de la production nationale.
L’un des précédents les plus marquants reste celui de 2016, lorsque l’incendie ayant ravagé Fort McMurray avait forcé l’évacuation de milliers de travailleurs des sables bitumineux et entraîné une chute de production de l’ordre d’un million de barils par jour. Avec la montée des températures et la sécheresse persistante, les experts s’attendent à ce que ces événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents.