À Suresnes et Bourg-la-Reine, deux idées issues des budgets participatifs viennent de se concrétiser en armes écologiques contre des nuisibles bien ancrés. La première commune cible les pigeons grâce à un distributeur de maïs enrobé d’un contraceptif, installé place Henri-IV. Le dispositif, opérationnel depuis début juillet, ne menace pas les autres espèces et vise à réduire de 30 à 80 % les naissances de volatiles d’ici trois à quatre ans. La ville l’accompagne d’actions complémentaires : pigeonnier avec stérilisation des œufs et rapaces pour l’effarouchement. Coût de l’opération : 19 000 euros, financés en partie par le budget participatif.
Une alternative nocturne pour traquer les moustiques
À Bourg-la-Reine, c’est un tout autre ennemi qui est visé : le moustique, et notamment le moustique tigre. Inspirée d’expériences menées dans d’autres communes, la ville distribue gratuitement des abris à chauves-souris. Ces chiroptères, capables d’avaler jusqu’à 3 000 moustiques par jour, sont installés pour la période estivale afin de les sédentariser sans favoriser leur reproduction locale. Plus de 300 abris ont déjà trouvé preneur, et une nouvelle commande équivalente est en cours. Chaque installation suit un protocole précis : au moins trois mètres de hauteur, orientation sud sud-est, absence de pesticides à proximité.
Une tendance à l’offensive naturelle
Ces initiatives s’inscrivent dans une logique plus large de lutte biologique. Les communes concernées misent sur la prévention, l’information et des méthodes alternatives aux insecticides ou aux poisons. À Bourg-la-Reine, cela inclut aussi la destruction ciblée des larves et la pose de bornes diffusant du CO₂ pour piéger les femelles moustiques. Dans d’autres villes, la mode gagne même la lutte contre les rats, désormais chassés par des furets à Gennevilliers, Clichy ou Évry-Courcouronnes. Des solutions qui entendent réduire les nuisances tout en évitant l’escalade chimique.