Eau potable : une alerte sur un fongicide dans plusieurs communes des Hauts-de-France selon une ONG
Eau potable : une alerte sur un fongicide dans plusieurs communes des Hauts-de-France selon une ONG

L’ONG Générations Futures a alerté mercredi sur une contamination de l’eau potable dans les Hauts-de-France par le fluopyram, un fongicide utilisé en agriculture. Selon l’association, 17 unités de distribution d’eau potable alimentant 46 communes du Pas-de-Calais, du Nord et de la Somme seraient concernées, avec plus de 83 000 habitants exposés à une eau jugée « non conforme » depuis plusieurs mois, voire plus d’un an dans certains secteurs.

Les autorités sanitaires confirment la présence de traces du produit, tout en nuançant le périmètre. Dans un communiqué commun, l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France et les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais indiquent que des analyses ont mis en évidence du fluopyram dans 23 communes du Pas-de-Calais et trois communes du Nord. Elles précisent qu’aucune commune de la Somme n’est concernée par des dépassements et qu’un captage évoqué par l’ONG n’est plus utilisé pour l’alimentation en eau.

Des dépassements de la limite de qualité, mais pas d’interdiction de consommation

Les concentrations mesurées dépassent la limite réglementaire de qualité fixée à 0,1 µg/L, d’après les données compilées par Générations Futures via le site dansmoneau.fr. L’ONG affirme que, dans deux communes, les taux atteindraient plus de dix fois cette limite. Malgré cela, l’ARS assure que les habitants peuvent continuer à boire l’eau du robinet, rappelant que l’impact sanitaire du fluopyram, considéré comme un « polluant émergent », n’est pas établi à ce stade.

L’ARS souligne également que, selon une évaluation de l’EFSA en 2013, la substance n’a pas montré de potentiel génotoxique, ni d’effets sur la fertilité, ni de risques tératogènes ou neurotoxiques, et qu’elle n’est pas classée comme cancérogène avérée. Aucune valeur maximale sanitaire (Vmax) n’est encore définie pour ce fongicide dans l’eau, même si l’Anses a été saisie pour proposer un repère sanitaire de consommation durable.

Générations Futures rappelle toutefois que, faute de Vmax, la Direction générale de la santé recommande en principe de restreindre la consommation dès 0,1 µg/L, seuil relevé début 2025 à 0,142 µg/L par le Haut Conseil de la santé publique. L’ONG estime que ce niveau est dépassé dans 10 unités de distribution, touchant 30 communes et plus de 10 000 personnes, et demande une réévaluation des autorisations de produits contenant du fluopyram, qu’elle relie à la famille des PFAS et à une dégradation en TFA, un « polluant éternel ».

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