Le fonds immobilier qatari Qatari Diar, filiale du fonds souverain de Doha, s’apprête à investir 29,7 milliards de dollars dans un vaste projet de développement touristique et résidentiel de luxe sur la côte nord de l’Égypte. Il s’agit du plus important investissement qatari dans le pays depuis la normalisation des relations diplomatiques entre les deux États après la crise du Golfe.
Le projet, baptisé Alam Al-Roum, s’étendra sur près de 2 000 hectares dans la province de Matrouh, à 480 kilomètres au nord-ouest du Caire. Il prévoit la construction d’hôtels haut de gamme, de marinas, de terrains de golf, d’établissements scolaires et universitaires, ainsi que d’infrastructures administratives et résidentielles. L’objectif : transformer cette bande côtière encore vierge en une destination touristique ouverte toute l’année, rivalisant avec le projet Ras El-Hekma soutenu par les Émirats arabes unis.
Selon une source proche du dossier, l’accord comprend un paiement de 3,5 milliards de dollars pour le terrain et un investissement en nature de 26,2 milliards pour le développement du site. L’ensemble du projet devrait générer 1,8 milliard de dollars de revenus annuels, dont 15 % reviendront à la New Urban Communities Authority, une fois les coûts initiaux amortis.
Cette annonce intervient alors que l’Égypte, en proie à une grave crise financière, multiplie les partenariats avec les pays du Golfe pour attirer des capitaux étrangers et relancer son économie. L’investissement qatari s’inscrit dans un engagement global de 7,5 milliards de dollars pris par Doha cette année, et pourrait faciliter le déblocage d’une aide du FMI suspendue depuis plusieurs mois.
Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly doit assister jeudi à la signature officielle de l’accord de partenariat entre Le Caire et Doha.
Pour le Qatar, déjà présent en Égypte à travers des projets emblématiques comme le St. Regis Cairo, CityGate et NEWGIZA, cette initiative confirme sa volonté de consolider sa présence économique dans le pays. Quant à l’Égypte, elle mise sur sa côte méditerranéenne pour devenir le nouveau pôle touristique et d’investissement du monde arabe, face à la concurrence croissante des destinations du Golfe.