À La Chapelle-Saint-Mesmin, la fierté se lit sur tous les visages. La mythique verrerie Duralex a récolté 16 millions d’euros de promesses d’investissement via la plateforme de financement participatif Lita. Un succès foudroyant qui dépasse de loin l’objectif initial de 5 millions fixé pour la fin de l’année.
Une levée de fonds qui dépasse toutes les attentes
« Les salariés sont sur un nuage », confie François Marciano, directeur général de la Scop Duralex. L’Autorité des marchés financiers (AMF) limite la collecte à 5 millions d’euros, mais l’engouement populaire témoigne d’un attachement profond à cette marque emblématique du savoir-faire industriel français. « Dans les années 1980, l’industrie représentait 25 % du PIB, aujourd’hui à peine 9 %. Les Français veulent inverser la tendance et relancer l’industrie », estime le dirigeant. Des milliers d’investisseurs ont participé, avec des contributions allant de 100 à 30 000 euros. Ces titres participatifs, bloqués pendant sept ans, promettent un rendement annuel de 8 % et une réduction d’impôt de 18 % la première année. Les souscripteurs n’auront pas de droit de vote, mais ils deviendront partenaires de la relance d’un fleuron industriel qu’ils refusent de voir disparaître.
Une renaissance industrielle portée par l’enthousiasme collectif
Reprise en 2024 par ses salariés après sa faillite, Duralex s’est muée en société coopérative et participative (Scop). Son redressement passe par une modernisation complète : achat de nouveaux moules, automatisation du conditionnement, développement de collections inédites et conquête de nouveaux marchés, notamment dans l’agroalimentaire. L’objectif est clair : franchir la barre des 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, synonyme d’équilibre financier, d’ici un an et demi. Dans l’usine, l’euphorie est palpable. « Cet argent va nous permettre d’innover, de moderniser nos lignes et de regagner en attractivité », se réjouit Muriel Joron, cheffe de produit récemment embauchée. Suliman El-Moussaoui, employé depuis dix-huit ans, évoque « une immense fierté collective » et « un espoir concret de pérenniser les emplois ».
Une solidarité qui dépasse les murs de l’usine
Dans la commune, l’élan de soutien prend des airs de renaissance populaire. Gilles, un habitant retraité, raconte avoir investi 500 euros « par attachement à une marque qui a marqué des générations ». D’autres envoient spontanément des chèques par courrier, que la Scop doit refuser faute d’autorisation. Pour François Marciano, cette levée de fonds dépasse la seule question financière : « C’est une preuve d’amour pour l’industrie française. Les Français ont montré qu’ils voulaient agir, pas seulement consommer. » Avec 16 millions d’euros promis, Duralex signe bien plus qu’une réussite économique : un symbole de résilience collective et de foi retrouvée en la production nationale.