L’Arabie saoudite, longtemps concentrée sur le développement de destinations haut de gamme, entend désormais élargir son offre touristique pour séduire une clientèle de classe moyenne et renforcer l’accès à l’hébergement pour les pèlerins, a annoncé le ministre du Tourisme, Ahmed Al-Khateeb.
« Nous avons commencé par créer des destinations de luxe pour les voyageurs aisés. Nous développons désormais des destinations pour la classe moyenne et la classe moyenne supérieure », a-t-il expliqué à Reuters en marge de l’Assemblée générale du tourisme des Nations unies, organisée pour la première fois à Riyad.
Cette stratégie s’inscrit dans la Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui vise à diversifier une économie encore largement dépendante du pétrole. Le royaume ambitionne d’attirer 150 millions de visiteurs par an d’ici 2030, dont un tiers en provenance de l’étranger.
Les complexes de la mer Rouge, dont certains affichent des tarifs dépassant les 2 000 dollars la nuit, seront bientôt rejoints par une nouvelle génération d’hôtels plus abordables. Dix nouveaux établissements doivent ouvrir sur l’île de Shebara dans les prochains mois, à des prix « bien inférieurs » selon le ministre, sans plus de précisions.
Le tourisme religieux reste toutefois au cœur des plans saoudiens. Riyad prévoit de doubler le nombre de pèlerins à La Mecque et à Médine pour atteindre 30 millions d’ici 2030, grâce à la construction de dizaines de milliers de nouvelles chambres d’hôtel.
Parallèlement, le royaume travaille à la création d’un visa commun pour les pays du Conseil de coopération du Golfe, comparable au modèle Schengen européen, qui pourrait voir le jour dès 2026 ou 2027.