« Ne mentons pas aux électeurs » : Aymeric Caron recadre Danièle Obono et ravive les tensions LFI à Paris
« Ne mentons pas aux électeurs » : Aymeric Caron recadre Danièle Obono et ravive les tensions LFI à Paris

La campagne des municipales parisiennes n’a pas encore officiellement débuté qu’elle s’enflamme déjà à l’extrême-gauche dans le 18e arrondissement. Dans une vidéo diffusée pour lancer sa campagne, Danièle Obono se présente comme la députée du 18e, affirmant sa fierté d’avoir été élue trois fois par « les habitants du quartier populaire qu’est le Nouveau Paris ». Une formulation qui a immédiatement fait réagir Aymeric Caron, son collègue insoumis… et désormais rival déclaré.

Aymeric Caron a publiquement recadré sa collègue Danièle Obono sur X, rappelant qu’elle n’est élue que sur « environ 25% » du 18e, le reste relevant du 19e arrondissement. « Je suis en réalité le principal député du 18e », affirme-t-il, estimant couvrir « environ 60% du territoire » et travailler sur ce secteur « depuis trois ans et demi ». Une sortie sèche qui illustre les tensions internes déjà très fortes entre les deux élus LFI, tous deux implantés dans le même arrondissement et désormais concurrents politiques directs.

La situation était explosive depuis plusieurs semaines déjà, au moment des désignations des candidats LFI pour les municipales. Le camp Obono avait été préféré à celui de Caron par la direction mélenchoniste, au prix d’une fracture ouverte avec la REV, le parti fondé par Aymeric Caron et associé à LFI.

Caron lance sa propre liste et rompt avec LFI

Le 14 novembre, Aymeric Caron a officialisé la rupture : la REV ne fera aucune alliance avec LFI à Paris. Alors que son parti espérait mener la liste dans le 18e, LFI a refusé de lui laisser la tête de liste, préférant Danièle Obono. Caron dénonce des « conditions impossibles » imposées par l’appareil insoumis et annonce une candidature autonome dans l’arrondissement, bien que ce ne soit « a priori pas [lui] » qui mènera la liste.

Cette rivalité interne s’ajoute au lancement symbolique de Danièle Obono, qui a choisi de débuter sa campagne à la Goutte-d’Or, en mettant en avant l’identité populaire et migrante du 18e et en dénonçant les « obsessions xénophobes » de certains élus qui « instrumentalisent le quartier ».

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