À quelques jours de la 51e cérémonie des César, une mobilisation rare secoue le cinéma français : 4.000 acteurs, actrices et cinéastes ont apposé leur nom au bas d’une tribune dénonçant l’usage des outils d’intelligence artificielle capables de reproduire une voix ou une image. Le texte, porté par la société de gestion de droits Adami, décrit une profession confrontée à un basculement rapide, où la technologie devient à la fois un outil utile et une menace directe pour le travail artistique.
Clonage de voix et “concurrence brutale”
Dans la tribune publiée sur le site du Parisien, les signataires expliquent vivre une “mutation profonde” de leur métier, parlant d’une IA “hydre dévorante” pour les artistes. Ils s’alarment notamment de voir le clonage vocal se banaliser, en évoquant une “concurrence brutale” qui s’installe au détriment des interprètes. Le texte cite aussi la situation d’artistes moins installés, qui finiraient par céder leurs droits, faute de marge de négociation, au risque de fragiliser durablement leur image et leur avenir professionnel.
Parmi les personnalités citées figurent Franck Dubosc, Gérard Jugnot, José Garcia, Léa Drucker, Élodie Bouchez ou encore Karine Viard, présentés comme signataires de l’appel dans cette même tribune du Parisien.
Un appel à un cadre juridique et une pression qui monte
Toujours dans cette tribune du Parisien, le collectif réclame la mise en place d’un cadre juridique permettant, selon leurs termes, une coexistence entre IA et création, à condition de garantir le respect des droits d’auteur et des droits voisins. Le texte insiste sur l’urgence : “ce pillage en règle” n’aurait “rien d’un fantasme”, mais relèverait d’une réalité déjà à l’œuvre.
En parallèle, la profession multiplie les initiatives de riposte, notamment dans le doublage : la rédaction de RTL rappelle que huit comédiens français ont récemment mis en demeure deux sociétés américaines accusées d’avoir cloné leur voix sans autorisation, tandis que des professionnels ont aussi lancé le collectif “Touche pas à ma VF” pour défendre un doublage réalisé par des humains.