À Bordeaux, le Musée des douanes embarque avec les garde-côtes
À Bordeaux, le Musée des douanes embarque avec les garde-côtes

Le Musée national des douanes de Bordeaux consacre une grande exposition aux garde-côtes français et à leurs missions méconnues. Baptisée La douane aux frontières du large, cette immersion retrace plus de deux siècles de surveillance maritime à travers archives, objets anciens, témoignages sonores et dispositifs interactifs. L’exposition est présentée jusqu’au 22 novembre.

Une histoire maritime née contre la contrebande

Comme le rappelle l’exposition, la présence de la douane en mer remonte à 1719, lorsque la Ferme générale, ancêtre de l’administration douanière, obtient l’autorisation d’armer des “pataches”, des navires chargés de contrôler les taxes portuaires. Mais le véritable service des garde-côtes voit officiellement le jour en 1791.

Interrogée par 20 Minutes, la médiatrice culturelle Elvire Dufour explique que ces unités avaient notamment pour mission d’intercepter les navires avant leur arrivée au port afin de lutter contre la contrebande. Les célèbres sentiers douaniers longeant les côtes, aujourd’hui transformés en chemins de randonnée, témoignent encore de cette surveillance historique du littoral.

L’exposition revient aussi sur plusieurs affaires marquantes, notamment la saisie record de 438 kilos d’héroïne à bord du bateau de pêche Caprice des temps en 1972, en pleine période de la “French Connection”. À l’époque, il s’agissait de la plus importante saisie d’héroïne jamais réalisée dans le monde.

Sauvetages, drones et missions méconnues

Au-delà de la lutte contre les stupéfiants, les garde-côtes assurent aujourd’hui jusqu’à 45 missions différentes selon le musée : sauvetage en mer, surveillance des quotas de pêche, lutte contre la pollution maritime ou encore contrôle des trafics.

L’exposition dévoile plusieurs objets historiques rarement montrés au public, comme une ancienne boîte de secours utilisée pour réanimer les naufragés au début du XXe siècle. Parmi les instruments présentés figure notamment une “pince tire-langue”, utilisée autrefois pour provoquer un réflexe respiratoire chez les victimes de noyade.

Le parcours montre également l’évolution spectaculaire des moyens techniques déployés par les garde-côtes. Aux voiliers d’autrefois ont succédé des vedettes rapides, des patrouilleurs hauturiers, des avions, des hélicoptères et, depuis 2022, des drones de surveillance.

Selon Elvire Dufour, le dispositif français compte aujourd’hui environ 35 bateaux, une vingtaine d’aéronefs et près de 850 agents spécialisés. Une nécessité pour surveiller l’immense domaine maritime français, qui dépasse les 10 millions de km² grâce aux territoires d’outre-mer, faisant de la France le deuxième espace maritime mondial derrière les États-Unis.

Le musée proposera également au public de visiter la vedette garde-côtes Seudre lors de sa venue à Bordeaux le 7 juin.

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