Les conséquences de l’été caniculaire se confirment pour l’agriculture française. La récolte nationale de céréales devrait reculer de 11 % en 2026, toutes productions confondues, selon l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales. Blé, orge, avoine ou encore seigle ont souffert du manque d’eau et des températures extrêmes.
Le blé tendre, principalement utilisé pour produire la farine destinée au pain, enregistre une baisse de 4 %, soit 1,5 million de tonnes de moins que l’année précédente. La canicule survenue en mai a particulièrement touché les exploitations du centre de la France au moment de la floraison. Dans certaines parcelles, les épis n’ont ainsi produit que très peu de grains.
Des producteurs déjà fragilisés par des prix trop bas
Les inquiétudes concernent désormais les prochains semis. Éric Thirouin, président de l’association et céréalier en Eure-et-Loir, redoute que la sécheresse persistante compromette notamment la mise en terre des orges d’hiver. « Un sol sans eau, c’est un sol mort », prévient-il, estimant que certains agriculteurs pourraient renoncer à semer si les conditions ne s’améliorent pas.
Cette chute des récoltes intervient alors que la filière affirme perdre de l’argent depuis quatre ans. Les producteurs doivent composer avec la hausse ou l’indisponibilité de certains moyens de production, tandis que les cours mondiaux restent souvent inférieurs aux coûts de revient. Le gouvernement a annoncé plus d’un milliard d’euros d’aides d’urgence pour soutenir l’agriculture après les canicules, les incendies et la sécheresse, mais les organisations professionnelles jugent déjà cette enveloppe insuffisante.

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