Réforme de l’audiovisuel public : Catherine Pégard écarte une loi dans l’immédiat
Réforme de l’audiovisuel public : Catherine Pégard écarte une loi dans l’immédiat

La réforme de l’audiovisuel public portée par Rachida Dati ne sera pas relancée à court terme. Ce lundi , la ministre de la Culture Catherine Pégard a confirmé qu’aucun texte ne serait examiné « dans les prochains mois », tout en refusant d’enterrer définitivement le projet de holding commune entre France Télévisions, Radio France et l’INA.

Catherine Pégard confirme le report de la réforme de l’audiovisuel public

Interrogée sur France Inter, Catherine Pégard a acté une mise en pause du chantier institutionnel. « Il n’y aura pas de loi réformant l’audiovisuel public dans les prochains mois mais le projet de holding commune pour le secteur ne doit pas être « abandonné » ». La ministre a également précisé : « Je pense qu’elle (la réforme, NDLR) n’est pas pour les prochains mois. Je pense qu’il ne faut pas abandonner l’idée de cette holding », en soulignant que le texte n’était pas inscrit à l’ordre du jour du Parlement.

Une réforme voulue par Rachida Dati, jamais menée à son terme

La réunion de France Télévisions, de Radio France et de l’INA sous une structure commune figurait parmi les priorités de Rachida Dati. Au Parlement, ce projet s’est traduit par la proposition de loi relative à la réforme de l’audiovisuel public et à la souveraineté audiovisuelle, issue des travaux du sénateur Laurent Lafon, déjà adoptée au Sénat puis examinée à l’Assemblée nationale. Dans sa version parlementaire, le dispositif visait à créer une holding baptisée « France Médias », chargée de définir une stratégie commune pour les sociétés de l’audiovisuel public. Malgré plusieurs relances, la réforme n’a jamais abouti.

Le blocage n’est pas nouveau. Dès l’automne 2025, Rachida Dati elle-même reconnaissait devant le Sénat que la proposition de loi n’était « pas inscrite à l’ordre du jour ». Après son départ du ministère, plusieurs observateurs jugeaient déjà peu probable une reprise rapide du texte par sa successeure.

La nouvelle ministre privilégie le fonctionnement du service public

Catherine Pégard a choisi de déplacer le débat du terrain institutionnel vers celui des missions. « Plutôt que de s’interroger sur les structures, sur lesquelles à l’évidence on peine à trouver un consensus, il faut plutôt penser à améliorer le fonctionnement du service public », a-t-elle déclaré, en rappelant que celui-ci constitue « notre bien commun » et qu’il doit pouvoir « affronter des transformations de la société ». Elle a ajouté avoir échangé avec les dirigeants du secteur et fixé sa méthode : « Ma mission est de poursuivre les consultations, reprendre le dialogue » et « fixer une nouvelle ambition au service public ».

Une commission d’enquête sous tension à l’Assemblée nationale

La ministre a aussi visé le climat de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. « Je trouve qu’il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener ces débats », a-t-elle estimé. Puis elle a ajouté : « Dès que je vois des lieux où l’on s’invective de cette façon, je trouve qu’on ne fait gagner ni la démocratie, ni le regard que l’on peut porter sur les uns et les autres ».

Cette commission d’enquête a été créée le 28 octobre 2025 à l’initiative du groupe Union des droites pour la République, dans le cadre de son droit de tirage. Elle est présidée par Jérémie Patrier-Leitus et son rapporteur est Charles Alloncle. Selon l’Assemblée nationale, ses conclusions doivent être rendues avant l’expiration du délai légal de six mois, soit le 28 avril 2026. Après la suspension des travaux parlementaires liée aux élections municipales, ses dernières auditions sont en cours de programmation ; l’examen du rapport est attendu dans la troisième semaine d’avril, pour un vote au plus tard le 27 avril.

Une holding mise à distance, mais pas abandonnée

Le gouvernement acte donc un report politique de la réforme de l’audiovisuel public, sans fermer complètement la porte à une réorganisation future. À ce stade, la ligne de Catherine Pégard est claire : pas de loi dans l’immédiat, poursuite des consultations, et maintien, au moins sur le principe, de l’idée d’une holding commune. La réforme voulue par Rachida Dati sort ainsi de l’urgence parlementaire, mais elle ne disparaît pas totalement du paysage.

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