L’arrivée de Léa Salamé au JT de France 2 ne plaît décidément pas à tout le monde. Alors que certains dénoncent un conflit d’intérêt du fait qu’elle soit la femme de Raphaël Glucksmann, Léa Salamé a été violemment prise à partie par la CGT de France Télévisions. Le syndicat a publié un communiqué pour s’indigner du traitement des événements, et d’une ligne éditoriale « rance ».
Une ligne éditoriale jugée partisane
Le communiqué critique le journal de 20h de France 2 du 9 septembre, accusant la chaîne publique d’avoir volontairement adopté un traitement biaisé des événements. La CGT dénonce le fait qu’après une ouverture sur la nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre, commentée par « l’indéboulonable » Nathalie Saint-Cricq comme s’il s’agissait d’une évidence, le journal a abordé la journée de mobilisation du 10 septembre sous un angle exclusivement sécuritaire.
Occultation des revendications sociales
Selon la CGT, alors que près d’un Français sur deux soutiendrait le mouvement « Bloquons tout ! », le JT n’aurait pas présenté les causes de la colère populaire. Le traitement médiatique aurait réduit la mobilisation à une question de perturbations pour « la France qui travaille » et de gestion de l’ordre public, en ignorant les revendications sociales et économiques.
Mise en avant du dispositif policier
Un sujet était consacré au dispositif policier prévu pour encadrer la mobilisation. Le communiqué dénonce une présentation qui assimile les manifestants à des casseurs, des voyous ou des black blocs, sans rappeler qu’il s’agit d’abord de citoyens exprimant des revendications légitimes.
La CGT s’indigne d’un reportage soulignant que « les forces de l’ordre ont appris des gilets jaunes à être plus efficaces », sans évoquer la violence policière depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir : mutilations, éborgnements, et trois décès depuis 2015.
Silence sur les atteintes à la liberté de la presse
Le communiqué reproche également au JT de ne pas avoir mentionné la note du Ministère de l’Intérieur envoyée cet été aux forces de l’ordre, qui supprime le statut protecteur des journalistes en cas de violences urbaines. Cette directive, dénoncée par les syndicats de journalistes, pourrait exposer les reporters aux mêmes traitements que les manifestants. Le sujet diffusé sur France 2 incluait d’ailleurs une citation d’un policier affirmant que « la limite entre maintien de l’ordre et violences urbaines » serait floue, sans que le JT n’exprime de solidarité envers les journalistes concernés.
Une manipulation des revendications
Pour évoquer le mécontentement populaire, le communiqué de la CGT accuse France 2 de s’être livrée à une manipulation grossière, déjà observée à l’époque des gilets jaunes : associer le mouvement à l’extrême droite. En effet, selon le syndicat, seules les revendications liées aux « impôts trop élevés » et au « Nicolas qui paie » auraient été mises en avant, laissant de côté les thèmes de gauche comme la défense des services publics ou la dénonciation des inégalités et des privilèges des milliardaires.
Une conclusion symbolique
Le journal s’est terminé par un sujet consacré au cardinal Bustillo, comparé dans le communiqué à un « Richard Gere en soutane », qui aurait invité à sortir de la lutte des classes. Ce choix est dénoncé comme une tentative de dépouiller le débat social de sa dimension politique.
Le communiqué conclut en fustigeant un journalisme de cour et un JT qualifié de « pitoyable », qui mépriserait à la fois les citoyens et les journalistes de terrain. Il accuse France 2 d’avoir renoncé à un traitement équilibré de l’actualité pour privilégier un cadrage sécuritaire et conservateur, au détriment des revendications sociales réelles.
