Jimmy Kimmel n’aura finalement pas payé le prix de la polémique qui a secoué les plateaux américains cet automne. Trois mois après une suspension éclair qui avait embrasé le débat politique, l’animateur vedette des «late night shows» vient d’obtenir une prolongation d’un an de son contrat avec ABC. Une décision qui résonne comme un bras d’honneur à ceux qui réclamaient son éviction, et un signal clair envoyé par la chaîne : malgré la pression, le comique garde sa place jusqu’en 2027.
Une suspension qui avait enflammé la droite américaine
L’affaire avait éclaté en septembre, lorsque Kimmel avait été accusé par les soutiens de Donald Trump d’avoir instrumentalisé l’assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk. ABC l’avait brièvement écarté, déclenchant une avalanche d’accusations de censure qui avait finalement forcé la chaîne à rétropédaler. En revenant à l’antenne une semaine plus tard, l’humoriste avait repris exactement là où il s’était arrêté, en multipliant les piques contre Trump, raillant ses maladresses, ses endormissements supposés et ses approximations diplomatiques.
Depuis, la tension n’a pas faibli. Le président américain lui-même s’en est mêlé, qualifiant encore récemment le comédien d’horrible. Kimmel, fidèle à son style moqueur, assure pourtant qu’il rêverait de l’accueillir comme invité. Une manière de rappeler que dans la bataille permanente entre politique et satire, il ne compte pas baisser la tête.
La décision d’ABC de sécuriser l’avenir de «Jimmy Kimmel Live!» jusqu’à 2027 indique surtout que la chaîne accepte le prix de la controverse. Dans un paysage télévisuel où les animateurs sont souvent pris en étau entre pression politique et enjeux d’audience, Kimmel apparaît désormais comme un symbole : celui d’un humour qui refuse de s’autocensurer, même lorsqu’il dérange au plus haut niveau.