Jimmy Fallon ironise sur Trump après avoir été ciblé à son tour @wikipedia commons
Jimmy Fallon ironise sur Trump après avoir été ciblé à son tour @wikipedia commons

Visé par Donald Trump dans un message posté sur Truth Social, l’animateur Jimmy Fallon a choisi de répondre par l’ironie dans son émission du 18 septembre. Alors que les pressions politiques s’intensifient sur les animateurs de talk-shows américains, la riposte du présentateur du Tonight Show illustre une forme de résistance comique à la censure.

Une satire déguisée en pluie de compliments

Le 16 septembre, Donald Trump s’était réjoui de la suspension de Jimmy Kimmel par ABC, qu’il avait saluée comme une « excellente nouvelle pour l’Amérique », avant d’appeler NBC à faire de même avec Seth Meyers et Jimmy Fallon, deux animateurs décrits par lui comme des « loosers » aux audiences « désastreuses ». Deux jours plus tard, Jimmy Fallon a intégré cette attaque dans l’ouverture de son émission. Après avoir plaisanté sur la confusion de son père croyant à tort que c’était lui qui avait été déprogrammé, l’humoriste a salué son collègue Jimmy Kimmel avant de se tourner vers l’ancien président, sans jamais le nommer frontalement.

Chaque tentative de critique était recouverte par une voix hors champ, transformant ses propos en compliments absurdes : « Sa cravate était – parfaitement à la bonne longueur », ou encore « ses cheveux étaient – mieux que ceux de Conrad dans L’Été où je suis devenue jolie ». Dans ce sketch élaboré, Fallon a mimé un monologue critique intégralement censuré par cette voix qui ne laissait passer que des louanges ridicules, allant jusqu’à évoquer une possible nomination de Trump au prix Nobel de la paix.

Un climat de tension dans le monde des talk-shows

Depuis la suspension de Jimmy Kimmel, survenue après des propos sur l’assassinat de Charlie Kirk, figure de la droite trumpiste, le climat est devenu particulièrement tendu dans l’univers des talk-shows américains. Kimmel est le deuxième présentateur à perdre son émission après Stephen Colbert, dont le Late Show a été annoncé en fin de course par CBS en juillet dernier. Dans les deux cas, les décisions ont été publiquement approuvées par Donald Trump, qui accuse ces programmes de propager de la « fake news ».

Dans ce contexte, Fallon et Seth Meyers, eux aussi cités par Trump comme des personnalités à évincer, ont réagi à leur manière. Meyers, dans un ton similaire à celui de Fallon, a affirmé faussement admirer Trump, ajoutant : « Si vous m’avez vu dire des choses négatives sur lui, c’est l’intelligence artificielle. » Interrogé par The Atlantic, David Letterman, ancienne figure majeure du late night, a qualifié cette situation de « tragédie » et d’indicateur d’un possible basculement autoritaire.

La satire, employée ici comme outil de défense, apparaît comme une réponse collective à ce qui est perçu par une partie du monde médiatique américain comme une atteinte croissante à la liberté d’expression.

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