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Intervilles version Nagui : plombé par l’absence de vachettes et des audiences en berne, le jeu est annulé pour cet été

Officiellement, France 2 invoque le budget. En réalité, l’érosion des audiences et les critiques contre la nouvelle formule ont lourdement pesé.

Pas d’Intervilles en 2026

Révélée ce mercredi, la non-reconduction d’Intervilles pour l’été 2026 marque un coup d’arrêt brutal pour la version relancée par Nagui. Officiellement, France Télévisions met en avant des contraintes financières et repousse désormais le programme à 2027. Mais ce report est aussi et surtout la conséquence d’une première saison marquée par une baisse nette des audiences et par de très nombreuses critiques contre une mouture sans vachettes, jugée par une partie du public et des acteurs historiques comme trop éloignée de l’esprit originel du jeu. 

Ce report tranche avec la communication très optimiste de l’été dernier. Le 25 juillet 2025, au lendemain de la finale, France Télévisions célébrait un « retour couronné de succès » et écrivait que le programme reviendrait en 2026 pour une nouvelle saison. Le groupe revendiquait alors 2,7 millions de téléspectateurs en moyenne, 17,9% de part d’audience sur l’ensemble de la saison et de très bons scores sur les publics jeunes et familiaux. 

Le problème est que la dynamique d’audience ne racontait pas exactement la même histoire que la communication officielle. Le premier numéro, diffusé le 3 juillet 2025, avait signé un très bon démarrage avec 3,35 à 3,4 millions de téléspectateurs et 22% de part d’audience. Une semaine plus tard, le deuxième épisode tombait à 2,41 millions et 17,1%. Le troisième chutait encore à 2 millions pour 14% du public. La finale du 24 juillet remontait à 2,4 millions et 17,7%, sans retrouver le niveau du lancement.

Sans vachettes, la version Nagui a cristallisé le rejet d’une partie du public

Autre point crucial : dès l’annonce du retour du jeu, la disparition des vachettes a concentré l’essentiel des critiques. Dax et Mont-de-Marsan ont refusé de participer, estimant qu’« Intervilles sans vachettes, ce n’est pas Intervilles ». Après la diffusion, des critiques « acerbes » ont émergé sur les réseaux sociaux, centrées sur l’absence des vachettes, des décors jugés trop modestes, un manque de rythme et une impression générale de programme dénaturé.

Nagui a défendu en vain une version modernisée et sans animaux

De son côté, la position de Nagui n’a jamais varié. Dès novembre 2024, l’animateur producteur expliquait que s’il n’y avait plus d’animaux dans les émissions de télévision, c’était en raison de leur sensibilité au bruit, à la foule et à l’inconfort, allant jusqu’à rappeler qu’« il n’y a plus de tigres dans Fort Boyard ». Quelques semaines plus tard, il racontait aussi avoir été marqué par la mort d’une vachette pendant des répétitions en 2005 ou 2006, affirmant qu’il ne croyait pas que l’arène soit « leur élément naturel ». Autrement dit, l’absence des vachettes n’était pas un détail cosmétique pour lui, mais un choix de principe. 

Problème : ce choix a profondément altéré l’identité du programme

C’est précisément ce qui a fragilisé la relance. En supprimant l’un des marqueurs les plus identifiés d’Intervilles, la production a tenté de moderniser la marque, mais elle a aussi privé le jeu d’un élément que beaucoup de téléspectateurs associaient à son ADN. Le co-créateur Claude Savarit a été l’un des plus sévères, jugeant la nouvelle version « tellement décevante », dénonçant l’absence des vachettes comme un choix « grotesque et rédhibitoire » et estimant que, sans elles, le programme perdait ce qui avait fait son succès. Même si cette lecture est contestable sur le fond, elle a trouvé un écho évident dans une partie du public et dans la trajectoire des audiences. 

Le report à 2027 ressemble donc autant à un arbitrage financier qu’à un constat d’échec

Au final, la version Nagui d’Intervilles est bien annulée pour l’été 2026 et renvoyée, au mieux, à 2027. Officiellement, France Télévisions assume une décision dictée par les économies. Mais le calendrier de ce report, après une saison 1 en recul d’audience et sous le feu de critiques répétées sur sa formule sans vachettes, donne aussi le sentiment qu’au-delà du budget, la chaîne n’a pas trouvé dans cette nouvelle version la locomotive populaire qu’elle espérait. La relance avait été vendue comme un succès immédiat ; un an plus tard, elle se retrouve stoppée net. 

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