La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, indique qu’elle se prépare à engager une restructuration profonde du budget du groupe public. Dans un entretien accordé au quotidien Les Échos, elle affirme vouloir atteindre un retour à zéro déficit en 2026, malgré une situation financière dégradée : « En 2026, quoi qu’il arrive, mon objectif est d’arriver à zéro déficit. (…) Et pour cela, des choix difficiles s’imposent à nous. »
Pour y parvenir, l’entreprise devra dégager 150 millions d’euros d’économies, en tenant compte de la couverture du déficit prévu en 2025 et de la diminution annoncée de la dotation de l’État, amputée de 65 millions d’euros. Cette contrainte s’ajoute à la baisse des recettes publicitaires, confirmée par plusieurs cabinets spécialisés et par les derniers rapports de l’ARCOM.
Des arbitrages qui toucheront aussi les programmes
Selon Delphine Ernotte, aucune ligne budgétaire ne pourra être préservée : « Vu l’ampleur des économies à réaliser, il ne peut y avoir aucun tabou, y compris sur les programmes. »
L’impact sera particulièrement visible dans le secteur de la création audiovisuelle. La présidente prévoit une diminution minimale de 20 millions d’euros de cet investissement, avec une possible réduction allant jusqu’à 60 millions d’euros, si le groupe se contente des obligations réglementaires imposées au service public.
Elle avertit également que certains projets de fiction et de cinéma devront être interrompus ou ajournés: « Dans la fiction, le cinéma, nous allons arrêter certains projets, les mettre en pause. » Elle rappelle que cette décision aura des conséquences majeures pour la chaîne de production, producteurs, auteurs, comédiens, mais estime que « nous n’avons pas d’alternative ».
Les effectifs et droits sportifs également concernés
Interrogée sur les ressources humaines, Delphine Ernotte confirme que les effectifs pourraient encore être réduits : « Nous pouvons continuer à baisser », tout en précisant qu’« il n’y a pas encore de cible définie pour l’an prochain ».
Les économies s’étendront aussi au portefeuille de droits sportifs, un secteur que France Télévisions a longtemps cherché à consolider. La présidente rappelle : « Ces dernières années, nous avons œuvré pour conserver nos principaux droits sportifs, que ce soit Roland-Garros, le Tour de France, les JO, les Six Nations, etc. Mais nous sommes conscients qu’il faudra faire des choix et revendre une partie de nos droits. »
Trois priorités qui ne seront pas touchées
Malgré l’ampleur du plan d’économies, Delphine Ernotte assure que trois axes stratégiques resteront protégés. Selon elle, France Télévisions doit impérativement préserver l’information, les contenus destinés à la jeunesse et sa capacité d’investissement dans les technologies émergentes, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle.