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Audiovisuel public : le rapport Alloncle sous tension, les auditions pourraient rester en ligne quoi qu’il arrive

La commission d’enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement » de l’audiovisuel public entre dans une phase décisive. Après plusieurs mois d’auditions et de travaux parfois tendus, les députés doivent se prononcer sur la publication du rapport rédigé par Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission.

Le vote, prévu à huis clos, s’annonce particulièrement sensible. Pour que le rapport soit rendu public, il doit obtenir l’approbation de la majorité des 30 membres de la commission. Un rejet reste rare, mais le climat politique autour du dossier rend l’issue incertaine.

Éviter que tout disparaisse

Face à cette incertitude, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons, veut proposer une mesure inhabituelle : maintenir en ligne les vidéos des auditions ainsi que les comptes rendus, même si le rapport final n’était pas publié.

Son objectif est clair : éviter que des mois de travaux publics ne soient effacés du jour au lendemain. Selon lui, les Français ont suivi cette commission parce que les auditions étaient ouvertes, visibles et accessibles. Faire disparaître l’ensemble des documents donnerait l’impression que rien n’a existé.

Une première sous la Ve République

Cette proposition serait, selon Jérémie Patrier-Leitus, une première sous la Ve République. Elle poserait une question politique cruciale : que reste-t-il des travaux d’une commission d’enquête si son rapport est rejeté ?

Même si le rapport final ne voyait pas le jour, les auditions et comptes rendus permettraient de conserver une trace du travail parlementaire. Une manière de préserver la transparence, dans un dossier devenu explosif.

Transparence ou enterrement politique ?

Si le rapport est adopté, il sera publié une semaine plus tard. S’il est rejeté, la question sera alors de savoir si les auditions publiques resteront accessibles.

C’est précisément ce que veut éviter Jérémie Patrier-Leitus : qu’un vote négatif soit perçu comme un enterrement complet des travaux de la commission. Face à la défiance envers les institutions, supprimer vidéos et comptes rendus risquerait d’alimenter les accusations d’opacité.

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