Face à l’annonce de la suppression de Questions pour un champion en semaine, le député Renaissance Denis Masséglia a choisi de réagir aux côtés d’autres élus. Il interpelle directement Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, lui demandant de revenir sur cette décision : « Supprimer Questions pour un champion au quotidien ? C’est priver des millions de Français d’un repère, d’un plaisir de jouer, de savoir, de se retrouver. De la télé aux clubs locaux, jusqu’à Twitch ».
Diffusée depuis 1988, l’émission ne sera plus proposée en semaine dès la prochaine saison. Elle ne sera désormais diffusée que le week-end, comme l’ont confirmé France Télévisions et Fremantle, le producteur du jeu, le samedi 28 juin au soir.
Stéphane Sitbon-Gomez, numéro deux du groupe public, a expliqué ce choix à travers un communiqué adressé à l’AFP : « Cette décision n’a pas été facile. Elle s’inscrit dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, qui nous oblige à repenser nos équilibres de grille ».
Le présentateur de l’émission, Samuel Etienne, a lui aussi exprimé ses réserves sur cette décision via le réseau social X, samedi : « Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir de Questions pour un champion. Mais si le jeu est menacé, on ne pourra pas utiliser l’argument des audiences ». Il considère que limiter la diffusion au week-end constitue « une mauvaise décision ».
Un succès d’audience
Actuellement programmée tous les jours à 18 h 10, l’émission rassemble en moyenne 1,1 million de téléspectateurs, selon Fremantle. Samuel Etienne espère que cette mobilisation suscitée parmi le public pourra faire changer d’avis la direction du groupe : « J’espère que la mobilisation des téléspectateurs (…) va avoir suffisamment de force pour que la direction de France Télévisions reconsidère sa décision. Moi, j’ai espoir ».
Découvrez la lettre du député Renaissance Denis Masséglia adressée à Delphine Ernotte :
« Madame la Présidente,
Au-delà d’un simple programme télévisé, Question pour un champion est une institution populaire culturelle et intergénérationnelle qui fait pleinement partie du patrimoine audiovisuel français. Les audiences le montrent : c’est un rendez-vous familier pour de nombreux foyers, qui valorise la connaissance, la curiosité et le plaisir d’apprendre.
Mais cette émission, c’est bien plus que sa diffusion télévisuelle. Elle est aussi un vecteur de lien social et d’engagement sur tout le territoire. À travers les centaines de clubs Question pour un champion répartis dans nos villes et villages, elle structure une véritable vie associative autour du jeu et du savoir. Ces clubs rassemblent des publics très variés, parfois isolés, qui trouvent dans cette activité un espace de rencontre et d’émulation collective.
Par ailleurs, le jeu connaît une seconde vie sur les plateformes numériques: Question pour un champion mobilise aujourd’hui une large communauté sur Twitch notamment, ce qui témoigne de sa modernité et de sa capacité à fédérer au-delà de son public historique. Ces nouveaux formats sont à la fois un prolongement et une réinvention qui méritent d’être soutenus, plutôt que freinés.
Nous, parlementaires, sommes pleinement conscients de l’exigence de responsabilité budgétaire qui pèse sur France Télévisions, et plus largement de l’urgence de garantir un financement stable, pérenne et à la hauteur des missions confiées à l’audiovisuel public. D’autant plus à l’heure où l’avenir de celui-ci est débattu au sein de notre Assemblée. C’est précisément pour cela que nous défendons une ambition forte pour ce service public, qui doit préserver des repères communs et des formats exigeants, qui font sens dans nos territoires et nos quotidiens.
Cette décision nous paraît symboliquement lourde et culturellement regrettable. Elle envoie un signal paradoxal, au moment où il est plus que jamais nécessaire de défendre une télévision publique ambitieuse, enracinée dans les territoires et ouverte sur les nouveaux usages. L’attachement du public à Question pour un champion est profond et sincère. Il mérite d’être entendu.
Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de notre haute considération. »