Chez Maison Bécam, la tradition s’accorde désormais au millimètre près. Dans l’atelier de cette chaîne de boulangeries artisanales née à Angers en 2005, une imprimante 3D s’apprête à révolutionner les fourneaux. Fini les formes classiques et les limites imposées par la main de l’homme : ici, c’est une buse qui dessine les contours des gâteaux. Une première dans le monde très normé de la pâtisserie française, où l’esthétique devient presque algorithmique. Le déclic est venu d’une émission de télévision. Lorsqu’en 2024, Marine Coré-Baillais présente sa machine baptisée Patiss3 dans « Qui veut être mon associé ? » sur M6, Nicolas Bécam, fondateur de l’enseigne, est séduit. Quelques mois plus tard, l’imprimante fait son entrée dans l’atelier. En test depuis avril, elle sera pleinement opérationnelle dès septembre. L’investissement – 35 000 euros – est assumé. Et pour la faire tourner, l’entreprise a même embauché un collaborateur dédié. L’innovation ne remplace pas l’humain, elle le complète.
Des pièces uniques sorties d’un bac de poudre
Le procédé intrigue autant qu’il fascine. Tout commence par une modélisation sur ordinateur. Puis la machine injecte une préparation liquide (à base d’eau ou de lait) dans un bac rempli de farine ou d’autres poudres alimentaires. En résulte une pièce sucrée ou salée de 40 cm de côté maximum, prête en une trentaine de minutes, cuisson comprise. À la sortie, un petit dépoussiérage, et le tour est joué. La précision est telle que des formes jusque-là impossibles à réaliser manuellement prennent vie. Maison Bécam parie sur cette technologie pour élargir son offre, séduire les curieux, et pousser l’expérience pâtissière encore plus loin. Et ce n’est qu’un début. Une version plus performante de l’imprimante – dotée de quatre buses et de quatre bacs – est attendue à l’automne. Avec ses 27 boutiques déjà ouvertes en France et un objectif affiché de 50 points de vente d’ici 2026, l’enseigne compte bien faire de la 3D sucrée l’un de ses arguments phares. Ce n’est peut-être pas encore la fin du rouleau à pâtisserie, mais une nouvelle ère s’imprime doucement dans les vitrines angevines.