Le procès que Mark Zuckerberg a tout fait pour éviter à son groupe Meta s’ouvre ce lundi aux États-Unis. En cas de défaite, le géant technologique pourrait être contraint de se séparer d’Instagram et de WhatsApp.
La plainte, déposée il y a cinq ans sous la première présidence de Donald Trump, accuse Meta — basée en Californie — d’avoir acquis ces deux applications pour éliminer des concurrents potentiels.
Mark Zuckerberg, désormais le troisième homme le plus riche au monde, a multiplié les efforts pour se rapprocher de Donald Trump depuis sa réélection en novembre. Il a nommé des alliés républicains à des postes clés au sein de Meta, assoupli les règles de modération de contenu et effectué des dons financiers. Il s’est même rendu à plusieurs reprises à la Maison-Blanche pour tenter de conclure un accord à l’amiable avec l’administration.
Pourtant, Andrew Ferguson, président de la Federal Trade Commission (FTC) nommé par Trump, a déclaré au site The Verge :
« Je serais très surpris qu’un tel accord se concrétise. »
Une position dominante contestée
La FTC cherche à prouver que Meta — alors encore Facebook — a abusé de sa position dominante en rachetant Instagram en 2012 pour 1 milliard de dollars, puis WhatsApp en 2014 pour 19 milliards de dollars.
L’enjeu principal repose sur la définition du marché concerné. Pour la FTC, Meta détient un monopole sur les services de communication personnelle aux États-Unis, c’est-à-dire les plateformes permettant de garder le contact avec ses proches.
Meta, dont le siège est à Menlo Park (Silicon Valley), rejette cette accusation. Elle affirme que les différences entre ses applications et celles des concurrents prouvent qu’il existe une forte concurrence sur le marché, où les utilisateurs ont le choix.
Huit semaines de procès
La FTC tentera, pendant huit semaines, de démontrer que le monopole de Meta a nui à la qualité des services, imposant aux utilisateurs plus de publicités et des changements perturbants.
Elle prévoit également de présenter des courriels internes de Zuckerberg pour étayer ses arguments. Dans l’un d’eux, avant le rachat d’Instagram, il écrit :
« L’impact potentiel d’Instagram est énorme, nous devons envisager de payer très cher. »
Aujourd’hui, Instagram compte plus de deux milliards d’utilisateurs.
La défense de Meta
Les avocats de Meta comptent insister sur les investissements colossaux réalisés pour faire croître les deux applications, soulignant que la FTC avait initialement approuvé les deux acquisitions et qu’elle ne devrait pas revenir sur sa décision.
Ce procès fait partie des cinq grandes actions antitrust engagées par le gouvernement américain contre les géants de la tech. En août dernier, Google a été reconnue coupable d’abus de position dominante dans la recherche en ligne. Apple et Amazon sont également sous le coup de poursuites.
Mais la FTC a aussi connu plusieurs échecs récents devant les tribunaux. Elle n’a pas réussi à empêcher le rachat de Within par Meta ni celui d’Activision Blizzard par Microsoft.
Le juge James Boasberg, chargé de l’affaire actuelle, a déjà averti la FTC que ses arguments seraient soumis à un examen rigoureux devant la cour.