Les violences physiques et sexuelles enregistrées par les forces de l’ordre ont de nouveau progressé en 2025, selon une étude du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiée vendredi. Les violences physiques augmentent de 5 % et les violences sexuelles de 8 % par rapport à l’année précédente.
Au total, 473 000 victimes de violences physiques ont été recensées par la police et la gendarmerie, dont 24 % de mineurs (114 500). Après une stabilisation en 2024, ces violences repartent à la hausse, à un rythme proche de la moyenne annuelle observée depuis 2016 (+6 %).
Les forces de l’ordre ont également enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles en 2025. Plus de la moitié d’entre elles (58 %) sont mineures. La progression constatée s’inscrit dans la tendance observée sur la période 2016-2025, marquée par une hausse moyenne annuelle de 11 %.
Une forte part de violences intrafamiliales
Un peu plus de la moitié des violences physiques sont commises dans le cadre familial, essentiellement des violences conjugales. En revanche, pour les violences sexuelles, les trois quarts des faits ont lieu en dehors du cercle familial.
La hausse des violences physiques touche particulièrement les mineurs, avec une augmentation de 10 % en 2025, contre +4 % pour les majeurs. Lorsque les faits sont commis au sein de la famille, les victimes sont majoritairement des femmes (73 %). En dehors de la sphère familiale, les hommes représentent la majorité des victimes (69 %).
Concernant les violences sexuelles, les victimes sont très majoritairement des femmes (85 %), quel que soit leur âge ou le contexte des faits.
Libération de la parole et dénonciation de faits anciens
L’étude souligne que l’augmentation des violences sexuelles enregistrées s’inscrit « dans un contexte de libération de la parole » et d’amélioration des conditions d’accueil des victimes dans les services de police et de gendarmerie. Une part croissante des faits dénoncés concerne des violences anciennes, en particulier lorsque les victimes étaient mineures au moment des faits ou lorsque les agressions ont eu lieu dans le cadre familial.
Les infractions sexuelles enregistrées sont principalement des violences sexuelles physiques (trois quarts des cas). Parmi elles, 39 % correspondent à des agressions ou atteintes sexuelles, 38 % à des viols ou tentatives de viol. Les autres faits relèvent de l’exploitation sexuelle (10 %), de l’exhibition sexuelle (6 %) ou de violences sexuelles non physiques, notamment du harcèlement (6 %).
Dans la grande majorité des cas, les mis en cause sont des hommes : 80 % pour les violences physiques et 95 % pour les violences sexuelles.
Si ces chiffres traduisent une hausse des faits enregistrés, ils reflètent aussi l’évolution des comportements de signalement et la prise en compte institutionnelle des violences, dans un contexte de sensibilisation accrue aux violences sexistes et sexuelles.