Le ministère des Sports a rendu public son rapport annuel sur les violences dans le sport, lors de la sixième Convention nationale organisée à l’Insep. Un bilan sans appel : en seulement cinq mois, 327 signalements ont été enregistrés, soit une augmentation de 40 % par rapport à la même période l’an dernier. Une progression qui témoigne à la fois de la persistance des violences sexistes et sexuelles, mais aussi d’une parole qui continue de se libérer.
Des victimes toujours majoritairement féminines et mineures
Les chiffres confirment des tendances lourdes. Parmi les 327 faits rapportés depuis janvier, 56 % relèvent de violences à caractère sexuel ou sexiste. Les femmes représentent près de 70 % des victimes, et les mineurs 65 %. Le milieu du sport de haut niveau concentre à lui seul 22 % des signalements, révélant la vulnérabilité particulière des jeunes athlètes placés sous pression. Les auteurs présumés sont pour la plupart des éducateurs sportifs (75 %), dont la moitié opèrent en tant que bénévoles. Les dirigeants, eux, représentent 16 % des personnes mises en cause – un chiffre en nette augmentation (+115 %) depuis l’entrée en vigueur de la loi du 8 mars 2024 sur la protection des mineurs.
Des mesures administratives plus fréquentes
Depuis 2020, plus de 2 000 signalements ont été traités par les services départementaux. En 2025, près de 2 180 personnes ont été visées par une enquête administrative, et 992 mesures d’éloignement ont été prononcées par les préfets. Actuellement, plus de la moitié des affaires sont classées. Le ministère insiste sur le renforcement des dispositifs de prévention, avec notamment l’obligation, depuis cette année, d’afficher dans tous les établissements sportifs les coordonnées de la cellule Signal-Sports. Les préfets peuvent désormais interdire à un exploitant de poursuivre son activité en cas de mise en danger des pratiquants. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative Marie Barsacq a réaffirmé la priorité donnée à ce combat, en présence de plusieurs figures du sport français. Si la libération de la parole progresse, le rapport met en lumière l’ampleur du chantier à mener pour assainir durablement le milieu sportif.