Une scène d’une cruauté insoutenable a été filmée à Dalhem, en province de Liège (Belgique), provoquant l’indignation de milliers d’internautes. Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, on voit un berger allemand être traîné derrière une voiture en marche, la laisse coincée dans une portière, alors que le véhicule roule à vive allure, jusqu’à 80 km/h selon plusieurs témoins.
La scène aurait duré plusieurs kilomètres, sous les yeux horrifiés d’une automobiliste qui a tenté, en vain, de faire arrêter le conducteur. Celle-ci, encore choquée, raconte dans un message publié sur Facebook : « J’ai klaxonné plusieurs fois, j’ai tenté de le dépasser pour l’arrêter, mais il continuait. Quand il s’est finalement arrêté, il est descendu, s’est approché de moi et m’a demandé froidement : C’est toi qui klaxonnais ? »
À la question de savoir s’il trouvait normal de maltraiter ainsi son chien, l’homme aurait répondu avec mépris : « Je fais ce que je veux de mon chien. »
Il aurait ensuite ramassé l’animal, apparemment sans vie, et l’aurait jeté dans le coffre de sa voiture, « comme un objet », selon les mots de la conductrice.
Choquée, elle a décidé de rendre la vidéo publique, prenant soin de flouter la plaque d’immatriculation pour éviter un lynchage numérique. Mais cela n’a pas suffi. Des internautes ont entrepris de retrouver l’identité du propriétaire du chien, partageant rapidement ses coordonnées personnelles : nom, adresse, lieu de travail. La situation a alors rapidement dégénéré.
Une vendetta contre le maître indigne
Au fil du week-end, la colère s’est transformée en haine. Lundi, la maison de l’individu, située à Oupeye, a été incendiée. Le parquet de Liège a confirmé que l’homme était présent sur les lieux au moment du sinistre, mais qu’il a pu s’en sortir indemne.
Des graffitis menaçants ont été découverts sur la façade de la maison : « Tueur de chien », « Vengeance pour ton chien ». Le bourgmestre de la commune, Serge Fillot, a exprimé sa profonde inquiétude sur RTL Info : « On est passé d’un drame animalier à une tentative de meurtre. Mettre le feu à une maison habitée, c’est criminel. On ne vit pas dans la jungle. »
Le parquet a ouvert une enquête pour incendie volontaire avec mise en danger de la vie d’autrui. Un communiqué précise que « les premiers éléments indiquent qu’il s’agit très probablement d’un acte criminel perpétré en pleine nuit ».
Une plainte pour maltraitance animale
L’affaire a également pris une tournure judiciaire sur le plan de la protection animale. La conductrice témoin de la scène, ainsi que l’association belge GAIA (Groupe d’Action dans l’Intérêt des Animaux), ont toutes deux déposé une plainte pour maltraitance animale, une infraction passible de peines de prison en Belgique.
L’homme mis en cause aurait tenté de se justifier lors de son audition. Il aurait déclaré aux enquêteurs avoir laissé son chien dans le coffre de sa voiture, attaché à une laisse, pour aller boire un verre dans un café. À son retour vers 22 heures, il affirme ne pas avoir vérifié l’état de l’animal, pensant que celui-ci dormait. « Il dit avoir été alerté de la situation par des appels de phares. C’est alors qu’il se serait aperçu que le chien était pendu à l’extérieur du véhicule, par la laisse coincée dans la fenêtre arrière droite », rapporte le parquet.
Il aurait alors détaché le chien, l’aurait placé dans son coffre, puis serait reparti sans appeler les secours ni signaler l’incident.
L’affaire a profondément choqué l’opinion publique belge et relancé le débat sur les sanctions liées à la maltraitance animale. De nombreuses personnalités politiques et associations appellent à un renforcement des peines, et à une meilleure sensibilisation à la condition animale.
GAIA, très active dans les affaires de maltraitance en Belgique, a exigé une réponse judiciaire exemplaire. Son président, Michel Vandenbosch, a déclaré dans un communiqué : « Le traitement réservé à cet animal est inacceptable. Nous exigeons que la justice agisse avec la plus grande fermeté. »
La Belgique, comme d’autres pays européens, reconnaît les animaux comme des êtres sensibles depuis une réforme de 2018. Les auteurs de violences graves peuvent encourir jusqu’à 5 ans de prison et 100 000 euros d’amende en cas de circonstances aggravantes.