Screenshot
Screenshot

Le ministère de la Santé a annoncé une avancée majeure dans l’accès encadré au cannabis médical en France. Après des mois d’incertitude, les textes définissant le cadre de production et d’autorisation du cannabis à usage médical ont été officiellement notifiés à la Commission européenne. Cette démarche, attendue depuis la fin 2023, marque une étape déterminante vers la commercialisation de traitements à base de cannabis sur le territoire français.

Dans le même temps, l’expérimentation en cours pour les patients sous traitement, initialement prévue pour s’achever fin 2024, a été prolongée « jusqu’au 31 mars 2026 ». Cette décision, prise « à titre exceptionnel », évite aux patients de devoir brutalement interrompre leur traitement et leur offre une perspective plus stable. Pour Ludovic Rachou, président de l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre, cette annonce est « un soulagement pour les patients qui n’ont plus à se projeter dans une perspective de sevrage » et un « motif d’espoir pour les futurs patients ».

La France, qui a longtemps tergiversé sur la question, rejoint ainsi progressivement la liste des pays ayant déjà légalisé l’usage médical du cannabis contre la douleur et l’anxiété. Après une expérimentation jugée concluante, les parlementaires avaient voté fin 2023 en faveur d’une commercialisation encadrée de ces traitements. Cependant, leur mise en œuvre était restée bloquée faute de transmission des textes à la Commission européenne, un retard attribué à l’instabilité politique et à un manque de volonté gouvernementale.

Avec cette notification, les discussions avec Bruxelles peuvent désormais s’ouvrir, et les experts estiment qu’il faudra compter au moins six mois avant que les premiers traitements puissent être disponibles en France. Reste néanmoins une question cruciale : le remboursement des médicaments à base de cannabis par la Sécurité sociale. Celui-ci dépendra d’une évaluation de la Haute Autorité de Santé, qui devra trancher sur leur efficacité. Or, les avis scientifiques restent divisés. Une étude publiée en 2021 dans le British Medical Journal concluait que les bienfaits du cannabis médical sont « limités » ou « très limités » selon les pathologies traitées.

Si cette annonce débloque une situation qui semblait figée, le chemin vers une généralisation complète du cannabis médical en France reste semé d’embûches. Les prochains mois seront déterminants pour la mise en place d’une filière nationale et l’intégration de ces traitements dans le parcours de soins.

Partager