Toulouse continue d’asseoir son statut de capitale de l’aérospatiale. Dans une étude publiée le 13 février 2025, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) met en lumière l’essor spectaculaire de la filière au cours des 40 dernières années. Porté par Airbus et tout un écosystème de sous-traitants, le secteur a connu une croissance exponentielle, compensant même le déclin d’autres industries dans l’ancienne région Midi-Pyrénées.
Selon l’Insee, l’emploi dans l’aérospatiale a été multiplié par cinq depuis les années 1980 dans l’ex-région Midi-Pyrénées (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn et Tarn-et-Garonne). Une croissance fulgurante qui a permis de contrebalancer la perte de 42 000 emplois dans d’autres industries, notamment le textile, le bois, le papier et l’imprimerie.
À elle seule, la Haute-Garonne concentre aujourd’hui les quatre cinquièmes des emplois aéronautiques et presque la totalité des emplois spatiaux de l’ancienne région. Mais d’autres pôles historiques profitent aussi de cette dynamique, comme Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, Figeac dans le Lot et Pamiers dans l’Ariège. Le Lot s’impose même comme le deuxième département le plus pourvoyeur d’emplois dans l’aérospatiale, avec 2 700 salariés en 2022.
Si Airbus et ses partenaires historiques restent au cœur du secteur, l’étude montre que la répartition des emplois a changé. Désormais, la moitié des salariés de la filière travaillent chez des sous-traitants, qui se sont fortement développés au fil des décennies. Cette spécialisation s’est accélérée avec l’évolution du rôle des constructeurs, notamment après les années 2000, où Airbus et Boeing sont passés du statut de constructeurs à celui d’architectes-intégrateurs, déléguant une part croissante de la production à un tissu de PME et d’ETI sous-traitantes.
L’Insee identifie trois périodes clés qui ont marqué la montée en puissance de l’aérospatiale toulousaine. Dans les années 80 et 90, la filière s’est structurée autour de grands projets techniques comme le programme Ariane V, dont le premier vol a eu lieu en 1996, et le lancement de l’A320, rapidement devenu un best-seller mondial. Dans les années 2000, le secteur a connu une profonde réorganisation avec une augmentation massive de la sous-traitance, Airbus et Boeing se recentrant sur la conception et l’assemblage final. Depuis 2010, la production de masse s’est imposée, portée par la demande croissante en satellites et en avions commerciaux.
En 2025, la dynamique ne ralentit pas. Airbus continue d’afficher un carnet de commandes bien rempli, soutenu par de nouveaux projets ambitieux. La montée en production de l’A321XLR, un modèle long-courrier conçu pour optimiser les coûts et les performances, s’accélère. Parallèlement, les activités liées au spatial se développent, avec notamment le lancement récent d’un nouveau satellite depuis les États-Unis. Avec ces perspectives et une demande toujours soutenue, Toulouse s’impose plus que jamais comme le cœur battant de l’aérospatiale en Europe.