Ivre, armé, amoureux transi : ce cocktail explosif a bien failli virer au drame fin janvier à Machecoul-Saint-Même, en Loire-Atlantique. Le tribunal de Nantes a condamné ce mardi un quinquagénaire pour avoir tiré une vingtaine de coups de feu dans un lotissement. Il a désormais interdiction de revenir dans la commune où il résidait. Tout commence le 31 janvier 2025, peu après 20 heures. Plusieurs habitants du quartier du Cahouët appellent les gendarmes après avoir entendu des coups de feu. Les militaires, gênés par une pluie battante, peinent à localiser l’origine des tirs. C’est en repassant sur les lieux qu’ils aperçoivent un homme de 54 ans, fusil à la main, titubant à la sortie de son domicile. Il menace les gendarmes avant de rentrer chez lui en claquant la porte. Le PSIG de Pornic est mobilisé pour l’interpeller. Dans son logement, les forces de l’ordre découvrent un arsenal : un pistolet, un fusil de chasse et des munitions. L’homme, fortement alcoolisé après avoir avalé une quarantaine de Ricard, est placé en garde à vue.
Un climat d’obsession et de harcèlement
Ce jour-là, le prévenu avait tenté une énième approche de sa voisine, une quadragénaire dont il observait les allées et venues depuis sa fenêtre. Quelques jours auparavant, il s’était présenté chez elle pour lui « exprimer ses sentiments », sans succès. Après ce rejet, les coups de feu ont fusé. Certains projectiles ont même visé le domicile de la voisine, où plusieurs enfants se trouvaient. Placé en détention provisoire, l’homme a continué à lui écrire depuis sa cellule, l’appelant « mon petit cœur à la crème », lui détaillant son quotidien de détenu et s’excusant de ses actes. La victime a porté plainte pour harcèlement. À l’audience, le prévenu a reconnu avoir tiré « volontairement » sur des véhicules, mais a assuré qu’il ne visait personne. « Je tirais en l’air. Heureusement que j’ai tué personne », a-t-il lancé au tribunal, tout en reconnaissant avoir arrêté son traitement antidépresseur. Condamné à deux mois de prison ferme — déjà purgés — et dix mois avec sursis probatoire, il devra également suivre des soins en addictologie et en psychiatrie. Il lui est interdit de porter une arme pendant cinq ans, de contacter la famille de sa voisine, et de paraître à Machecoul-Saint-Même. Au civil, il devra indemniser ses victimes à hauteur de 1 905 euros. Un verdict qui vise à éloigner un homme instable d’un quartier où la peur s’est largement installée.