La mortalité routière est repartie à la hausse en 2025. Selon les derniers chiffres de la Sécurité routière, le nombre de personnes tuées sur les routes françaises a progressé de 2,1 % par rapport à l’année précédente, mettant fin à une phase de relative stabilisation. Parmi les facteurs identifiés par les autorités, l’usage détourné du protoxyde d’azote apparaît désormais comme un élément aggravant de plus en plus présent dans les accidents graves.
Longtemps perçu comme une substance marginale, le protoxyde d’azote, détourné de son usage médical ou alimentaire, s’est imposé en quelques années dans l’espace public, notamment chez les plus jeunes. Les données croisées de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des centres d’addictovigilance montrent une explosion des signalements. Entre 2020 et 2023, les cas d’intoxication et de complications médicales ont été multipliés par trois. En parallèle, les forces de l’ordre constatent une augmentation nette des situations de conduite sous l’emprise de ce gaz, souvent associée à des pertes de contrôle brutales.
Les statistiques révèlent une réalité particulièrement préoccupante chez les moins de 25 ans. Près de 40 % des accidents les plus graves impliquant le protoxyde d’azote concernent cette tranche d’âge. Les effets neurologiques immédiats, vertiges, désorientation, troubles moteurs, combinés à une altération rapide des réflexes, rendent la conduite extrêmement dangereuse. Dans plusieurs dossiers récents, des atteintes neurologiques durables ont été constatées, parfois irréversibles, même après une consommation ponctuelle.
Un phénomène en expansion malgré les alertes
Sur le terrain, les chiffres confirment une banalisation inquiétante. En 2025, les forces de sécurité intérieure ont saisi plusieurs millions de cartouches de protoxyde d’azote, soit une hausse de plus de 30 % en un an. Dans certaines zones urbaines et périurbaines, les services de secours relèvent une augmentation significative des interventions nocturnes liées à des malaises ou à des accidents de la route impliquant cette substance. Les enquêtes accidentologiques montrent également que l’usage du protoxyde d’azote est souvent combiné à l’alcool ou à d’autres produits, multipliant les risques.
Face à cette situation, l’exécutif envisage un durcissement du cadre légal. Le ministre de l’Intérieur a récemment évoqué la possibilité de classer le protoxyde d’azote comme stupéfiant, tout en interdisant explicitement son usage détourné à des fins euphorisantes. Parmi les pistes avancées figurent l’interdiction formelle de sa consommation au volant, l’aggravation des sanctions en cas d’accident et la fermeture administrative de commerces pratiquant des ventes manifestement abusives.
Au-delà du volet répressif, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de renforcer la prévention. Les campagnes actuelles peinent à toucher les publics les plus exposés, alors même que les chiffres montrent une diffusion rapide du phénomène. En toile de fond, la hausse de la mortalité routière rappelle que les nouveaux usages addictifs, même perçus comme anodins, peuvent produire des effets dévastateurs lorsqu’ils s’invitent sur la route.