Procès de Cédric Jubillar, le résumé de la première journée: «Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés» (TF1)
Procès de Cédric Jubillar, le résumé de la première journée: «Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés» (TF1)

Ce lundi matin, à Albi, s’est ouvert le procès très attendu de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Devant la cour d’assises du Tarn, l’accusé de 38 ans, vêtu d’un jean et d’une veste de jogging bleue, a décliné son identité dans un box vitré, barbe et crâne rasés, alliance toujours portée à l’annulaire gauche.

Il continue de clamer son innocence, déclarant simplement : « Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés ».

Un procès sous haute attention médiatique

L’affaire passionne l’opinion publique depuis plus de quatre ans. Plus de 300 journalistes ont été accrédités et une centaine de personnes étaient présentes dès l’ouverture du procès.

Cette disparition mystérieuse, sans corps ni scène de crime, rappelle à certains le retentissant dossier Daval, et suscite de vives attentes. La famille de Delphine Jubillar espère une « double vérité », judiciaire et intime.

La douleur des proches de la disparue

Les proches de Delphine vivent difficilement cette confrontation. « Ils ont l’impression que Delphine est morte hier et de revoir le meurtrier aujourd’hui », a déclaré Me Pressecq, avocat de la famille.

Les enfants du couple, absents du procès, espèrent eux aussi obtenir des réponses. L’aîné, Louis, aujourd’hui âgé de 11 ans, « est stressé et en attente », selon leur avocate Malika Chmani.

Le portrait de Cédric Jubillar dressé par l’enquêtrice de personnalité

L’après-midi, la cour a entendu l’enquêtrice de personnalité. Elle a décrit Cédric Jubillar comme « un adolescent en grande difficulté », nécessitant un encadrement constant et ayant connu des placements en foyers et familles d’accueil.

Son avocat, Me Alexandre Martin, a insisté sur le fait que l’expertise ne le qualifie ni de manipulateur, ni de tyran. Selon lui, ce portrait rééquilibre l’image de son client.

Les confidences de Cédric Jubillar sur son enfance

Interrogé sur son parcours, l’accusé a évoqué son père biologique, qu’il n’a rencontré que deux fois, et son beau-père qu’il appelait « papa ». Mais il a aussi révélé des violences subies : « une centaine de fessées », dit-il, qu’il attribue peut-être à sa propre faute. « J’ai toujours eu du mal à parler de ce sujet. Ça me fait mal d’en parler », a-t-il confié.

Cédric Jubillar, une personnalité affirmée et pudique

Sur sa personnalité, Cédric Jubillar s’accorde avec certains points relevés par les experts : « J’aime prendre de la place, être imposant, me montrer ».

Mais il reconnaît aussi sa difficulté à exprimer ses émotions : « Je n’aime pas parler de mes sentiments. Je suis pudique ». Interrogé par la partie civile qui l’accusait d’insensibilité, il a répondu : « Bien sûr que des choses me touchent. La disparition de ma femme, de ne pas voir mes enfants, d’avoir perdu mes grands-parents, mes amis… tout ça me touche ».

Les aveux sur sa consommation de cannabis

Cédric Jubillar a admis avoir été un gros consommateur de cannabis avant son arrestation, fumant entre 10 et 15 joints par jour. Depuis sa détention, il lui arrive encore de consommer mais dans une moindre mesure. La présidente a ironisé : « Difficile de fumer dix à quinze joints par jour cependant », ce à quoi il a acquiescé.

L’audience a été suspendue à 18h03. Elle reprendra demain à 9h avec l’enquête de personnalité de Delphine Jubillar, suivie du témoignage du psychologue ayant rencontré l’accusé.

L’après-midi sera consacrée à l’audition des gendarmes.

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