Procès Bastien Payet : un bal de contradictions et de dénégations
Procès Bastien Payet : un bal de contradictions et de dénégations

Au quatrième jour du procès de la mort de Bastien Payet, ce mardi 1er avril, les trois accusés, jugés pour avoir roué de coups l’étudiant en droit à Reims en mars 2019, ont chacun nié leur implication dans les violences mortelles. À la barre de la cour d’assises de la Marne, Enzo Andolini, Osman Dogan et Oussama Zeroual ont multiplié les contradictions, changeant de versions, se rejetant mutuellement la faute, et suscitant l’exaspération de la présidente et des avocats des parties civiles.

Des versions contradictoires et confuses

Enzo Andolini, qui avait reconnu avoir frappé la victime lors de ses premières auditions, nie désormais tout acte de violence. Il affirme s’être « débattu » après avoir reçu un coup mais nie en avoir porté. Ses déclarations se heurtent pourtant aux constats médicaux et aux déclarations de témoins. Osman Dogan, lui, reconnaît uniquement avoir tenu une remarque déplacée à l’encontre d’amies de la victime – propos qui auraient déclenché l’altercation – mais dédouane totalement sa propre responsabilité dans les violences physiques. Quant à Oussama Zeroual, pourtant désigné formellement par des témoins comme l’auteur d’un coup de pied porté à la tête de Bastien Payet, il balaie les accusations et parle d’une erreur d’identification.

Face à la cour, les trois accusés ont tenté de minimiser leur rôle, affirmant tour à tour qu’ils n’avaient rien vu ou qu’ils s’étaient éloignés avant la scène de violence. Tous ont évoqué le stress, l’alcool, ou leur jeune âge à l’époque des faits pour justifier leurs incohérences. Mais les parties civiles n’ont cessé de souligner l’absence de réponses claires et les multiples changements de récits depuis le début de l’enquête. Le procès se poursuit ce mercredi avec les expertises psychologiques des accusés. Les plaidoiries et les réquisitions sont attendues jeudi. Le verdict sera rendu vendredi. En attendant, la famille de Bastien Payet reste dans l’attente douloureuse de vérités que les accusés semblent toujours esquiver.

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