Le dernier otage thaïlandais encore porté disparu dans la bande de Gaza a été retrouvé mort, a confirmé ce week-end le ministère thaïlandais des Affaires étrangères. Nattapong Pinta, 35 ans, faisait partie des 31 travailleurs thaïlandais enlevés lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, événement déclencheur de la guerre actuelle dans la région. La Thaïlande déplore désormais 46 ressortissants tués depuis le début du conflit.
Si les travailleurs thaïlandais ont été les principaux étrangers pris en otage ce jour-là, c’est parce qu’ils étaient nombreux à travailler dans les exploitations agricoles israéliennes, souvent proches de la frontière avec Gaza. Avant l’attaque, on comptait environ 30 000 travailleurs thaïlandais en Israël, principalement employés dans le secteur agricole. Cette forte présence s’explique par une politique de recrutement mise en place depuis les années 1990, après la première Intifada, lorsque Israël a réduit sa dépendance à la main-d’œuvre palestinienne.
Un accord bilatéral conclu il y a une dizaine d’années entre la Thaïlande et Israël a facilité l’arrivée de ces travailleurs, attirés par des salaires nettement plus élevés que ceux disponibles dans leur pays d’origine, notamment dans les régions rurales pauvres du nord-est de la Thaïlande. Toutefois, leurs conditions de travail ont régulièrement été dénoncées. Déjà en 2015, Human Rights Watch pointait du doigt des salaires inférieurs au minimum légal, des logements précaires et des horaires de travail abusifs. Des problèmes qui, selon des observateurs, persistent aujourd’hui.
L’attaque du Hamas a provoqué un retour massif de travailleurs : quelque 7 000 Thaïlandais ont été évacués par vols spéciaux dans les semaines qui ont suivi. Mais les besoins économiques demeurant pressants, de nombreux travailleurs sont repartis depuis. Aujourd’hui, selon l’ambassadrice thaïlandaise en Israël, plus de 38 000 travailleurs thaïlandais sont présents sur le territoire israélien, un chiffre en hausse par rapport à la période précédant l’attaque.
Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre après le départ des travailleurs étrangers, le gouvernement israélien a mis en place des mesures incitatives, telles que l’extension des visas et des primes mensuelles d’environ 500 dollars pour ceux qui acceptent de retourner dans les zones agricoles proches des anciens foyers de conflit.
Malgré les risques, Israël demeure l’un des quatre principaux pays d’accueil pour les travailleurs thaïlandais à l’étranger. Pour beaucoup d’entre eux, les salaires offerts dans les exploitations agricoles israéliennes — bien que souvent en deçà des normes légales — restent largement supérieurs à ce qu’ils peuvent espérer gagner dans leur pays.