À partir de ce samedi 12 avril, à la tombée de la nuit, débute Pessa’h, l’une des fêtes les plus importantes du judaïsme. Pendant huit jours (sept en Israël), les juifs du monde entier commémoreront l’Exode, c’est-à-dire la sortie d’Égypte des Hébreux, symbole fondateur de la naissance du peuple d’Israël. Une célébration profondément familiale et rituelle, qui s’achèvera le dimanche 20 avril.
Un récit fondateur transmis autour de la table
Le premier soir de la fête est marqué par le séder, un repas ritualisé riche en symboles. Autour d’un plateau traditionnel, les convives consomment divers aliments rappelant la dureté de l’esclavage : herbes amères, pain azyme (matsa), os d’agneau, œuf dur ou encore une pâte sucrée nommée haroset. Chaque ingrédient raconte un aspect du récit biblique, lu à voix haute à partir de la Haggadah. Les enfants y jouent un rôle clé en posant les « quatre questions », renforçant ainsi la transmission intergénérationnelle.
Le nom de la fête, Pessa’h, signifie « passer au-dessus », en référence à la dixième plaie d’Égypte, lorsque les maisons des Hébreux furent épargnées par l’ange exterminateur. Ce moment précède la libération du peuple juif, chassé par Pharaon. La traversée de la mer Rouge, fêtée en fin de semaine, clôture cette commémoration.
Un temps de rigueur spirituelle et de purification
Pendant toute la durée de Pessa’h, les pratiquants s’abstiennent de consommer du pain ou tout aliment à base de céréales fermentées. Cette interdiction donne lieu à un grand nettoyage des foyers, et même à un remplacement de la vaisselle chez les plus observants. Il s’agit d’effacer toute trace de hamets, symbole de la précipitation du départ d’Égypte, mais aussi de purifier les espaces de vie avant la fête.
Les façons de célébrer Pessa’h diffèrent selon les traditions et les niveaux de pratique. Certains ménages ultraorthodoxes s’y préparent un mois à l’avance, quand d’autres familles, moins religieuses, choisissent de marquer l’événement par un simple repas symbolique. Mais tous ont en commun un attachement fort à cette fête, qui occupe une place centrale dans le calendrier hébraïque. Pessa’h est aussi un moment de solidarité : des associations distribuent des colis alimentaires spécifiques aux familles dans le besoin, contenant des produits autorisés pour la fête. Par-delà les siècles et les frontières, cette célébration continue de porter un message universel de liberté, de mémoire et de résilience.