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Sans surprise, le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis, ce mercredi 19 mars, la réclusion criminelle à perpétuité assortie de vingt-deux ans de sûreté contre Mehdi Nemmouche, accusé d’avoir été l’un des bourreaux des otages occidentaux de Daech en Syrie. Le ministère public l’a décrit comme un « sociopathe dénué de toute empathie », appelant la cour à prononcer une peine exemplaire « pour protéger définitivement la société ». Face à lui, l’accusé de 39 ans est resté impassible, fidèle à sa stratégie du silence et du déni, malgré les témoignages accablants des anciens otages.

Le réquisitoire du PNAT a également visé les autres accusés : trente ans de réclusion ont été demandés contre Abdelmalek Tanem, identifié comme l’un des gardiens des prisonniers, et vingt ans contre Kaïs al Abdallah, un Syrien soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement de deux otages français. « Ils ont adopté le code d’honneur du djihadisme », a fustigé l’accusation, dénonçant leur participation à une « entreprise de déshumanisation » pilotée au plus haut niveau par l’État islamique.

Pendant huit heures de réquisitions, le ministère public a retracé l’horreur subie par les 25 otages occidentaux enlevés et torturés par Daech entre 2013 et 2014. Seize d’entre eux ont survécu, dont les journalistes français Nicolas Hénin, Pierre Torres, Didier François et Édouard Elias, qui ont livré devant la cour un témoignage glaçant sur les sévices infligés par Mehdi Nemmouche. Celui-ci, alias « Abou Omar », aurait pris un plaisir sadique à torturer les prisonniers, notamment en les battant à coups de gourdin et en les forçant à s’humilier mutuellement.

Les preuves accablantes s’accumulent contre le principal accusé. Les vidéos de surveillance du centre de détention à Alep le montrent à l’aise, souvent hilare, au milieu des sévices infligés aux captifs. Il est également reconnu formellement par plusieurs ex-otages, qui identifient sa voix et son comportement. Pour le ministère public, la conclusion est implacable : Nemmouche « a pris goût au sang et à la barbarie » et représente une « menace extrême et persistante ».

Loin de reconnaître son rôle de geôlier, Mehdi Nemmouche a nié en bloc à l’audience, tout en revendiquant son engagement au sein de l’État islamique. Une stratégie que le PNAT qualifie de « lâche et absurde », rappelant qu’il avait déjà adopté la même posture lors de son premier procès pour l’attentat du Musée juif de Bruxelles en 2014, qui lui avait valu une condamnation à la perpétuité.

La défense doit plaider ce jeudi avant que la cour ne rende son verdict, attendu vendredi soir. Pour le ministère public, ce jugement doit être une réponse à l’horreur vécue par les victimes. « Mehdi Nemmouche rêvait d’être l’un des héros de Faites entrer l’accusé », a conclu l’avocat général. « Il conviendra, par votre décision, que vous fassiez oublier l’accusé. »

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