Paris veut en finir avec l’omniprésence des bus touristiques @wikipedia commons
Paris veut en finir avec l’omniprésence des bus touristiques @wikipedia commons

Ils sont devenus un décor familier des grands boulevards et des abords des monuments : les bus touristiques, qui transportent chaque jour des dizaines de milliers de visiteurs, cristallisent la colère des riverains. À Montmartre, à la tour Eiffel ou autour du Panthéon, les scènes de stationnement en double file et de manœuvres encombrant la circulation sont quotidiennes. Bruit, pollution atmosphérique et emprise massive sur l’espace public alimentent un ras-le-bol grandissant.

Un tourisme revenu à son niveau d’avant-crise

Avec 36,3 millions de visiteurs accueillis dans le Grand Paris en 2024, la capitale a retrouvé sa fréquentation record d’avant la pandémie. Résultat : entre 500 et 600 autocars de tours opérateurs circuleraient chaque jour dans les rues parisiennes. Pour l’adjoint à la maire chargé du tourisme, Frédéric Hocquard, il est temps d’agir : « Il faut stabiliser le nombre de touristes et réguler la présence des cars », juge-t-il, allant jusqu’à envisager leur exclusion pure et simple du centre-ville.

Un encadrement de plus en plus strict

La mairie a déjà commencé à serrer la vis. Là où 1 000 bus par jour étaient encore autorisés avant la crise sanitaire, le chiffre est désormais ramené à environ 400. Le plan de stationnement, lui, est dans le viseur : plus de 400 emplacements, qu’ils soient en voirie, en parkings souterrains ou extérieurs, pourraient être déplacés hors des quartiers centraux. Objectif affiché : libérer l’espace public et réduire les nuisances.

Un casse-tête économique et politique

Mais cette offensive ne fait pas l’unanimité. Les professionnels du secteur préviennent que la suppression progressive de ce mode de transport représenterait un « manque à gagner très important pour toute la chaîne touristique », selon Ingrid Mareschal, déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs. Entre la qualité de vie des habitants et les enjeux économiques du tourisme, la capitale s’avance vers un arbitrage sensible.

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