Le scandale des eaux en bouteille prend un nouveau tournant judiciaire. Ce lundi 12 mai, la commission d’enquête sénatoriale sur la qualité des eaux commercialisées en France a saisi le parquet de Paris pour faux témoignage de Ronan Le Fanic, directeur industriel de Nestlé Waters, filiale du géant suisse. Ce dernier est accusé d’avoir menti sous serment devant les sénateurs lors de son audition du 26 mars 2025.
Des déclarations contredites par des documents internes
Face aux questions précises du rapporteur Alexandre Ouizille, concernant de possibles incidents sur le site de production de Vergèze (Gard) – berceau de la marque Perrier –, Ronan Le Fanic avait affirmé que l’activité était « routinière » et qu’aucun incident notable n’était à signaler pour la période de janvier à mars. Mais selon les éléments recueillis par la commission, deux contaminations bactériennes ont bien été enregistrées sur les lignes de production de Perrier les 10 et 21 mars 2025, entraînant le blocage de nombreuses palettes de bouteilles. Ces faits, relayés par la presse, contredisent les propos du dirigeant, qui avait pourtant réitéré sous serment qu’il n’y avait « rien qui sortait de la routine ».
Des conséquences judiciaires lourdes
Le président de la commission, le sénateur Laurent Burgoa, dénonce une atteinte grave au fonctionnement des institutions. Le faux témoignage devant une commission parlementaire constitue un délit passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende, selon l’ordonnance de 1958 sur le fonctionnement des assemblées. Ce signalement pourrait marquer un tournant dans le traitement de ce dossier sensible, qui met en cause les pratiques industrielles d’un groupe mondial censé garantir une qualité irréprochable pour un produit de consommation quotidienne. La balle est désormais dans le camp de la justice.