La France n’est pas seulement en queue de peloton sur le déficit et la dette publique. Depuis 2015, elle décroche aussi une place peu enviable : celle d’un des pires taux de mortalité infantile en Europe. Avec 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, notre pays se classe désormais 23ᵉ sur 27 dans l’UE, un recul inquiétant pour un système de santé censé être l’un des plus performants du monde.
Dans « 4,1 – Le scandale des accouchements en France », les journalistes Anthony Cortes et Sébastien Lurquin se sont penchés sur cette tendance alarmante. Certes, les autorités médicales évoquent l’augmentation de la pauvreté et l’âge plus avancé des mères, mais les auteurs pointent des causes bien plus structurelles : fermetures de maternités, désertification médicale, surcharge hospitalière et une gestion de la santé publique qui semble privilégier les économies budgétaires au détriment des vies humaines.
Les chiffres donnent le vertige : plus de 2 000 nourrissons meurent chaque année en France, et la grande majorité dans leurs 28 premiers jours de vie. Dans certains départements comme le Lot, où 75 % des maternités ont fermé en quinze ans, la situation est encore plus dramatique avec un taux de mortalité qui grimpe à 6,2 pour 1 000 naissances.
Face à cela, que fait-on ? Pas grand-chose. Pourtant, des solutions existent. Créer des registres de naissance pour mieux comprendre les causes des décès néonataux ne coûterait que 3 à 4 millions d’euros, selon le médecin et député Philippe Juvin. Une somme dérisoire face aux milliards injectés ailleurs…
Alors, la France va-t-elle enfin regarder ce problème en face ou va-t-on continuer à compter les nourrissons qui ne survivent pas à leur premier mois de vie ? Une chose est sûre : ce livre apporte des éléments de réponse à une question qui ne devrait même pas se poser dans un pays développé.