À Vernon, un homme tué dans un foyer après une altercation idiote, deux suspects écroués
À Vernon, un homme tué dans un foyer après une altercation idiote, deux suspects écroués

Deux fonctionnaires de la brigade de nuit de Police Secours comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits de violences survenus alors qu’ils étaient hors service. Le parquet a requis à leur encontre des peines lourdes, estimant que leur comportement relevait d’une dérive grave et incompatible avec leur fonction. Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 juillet. Peu après trois heures du matin, l’un des policiers, âgé de 31 ans, s’est rendu dans un snack marseillais après une soirée privée. À l’intérieur de l’établissement, une altercation venait d’être calmement gérée par la serveuse entre plusieurs clients. Selon les éléments présentés à l’audience, le fonctionnaire aurait alors exigé l’accès aux images de vidéosurveillance, avant de contacter un collègue pour le rejoindre. Le second policier, âgé de 37 ans, est arrivé peu après, dans un état d’alcoolisation avancé. À la barre, il a reconnu un échange verbal particulièrement tendu avec la serveuse, sans toutefois anticiper l’ampleur des violences qui allaient suivre.

Une scène d’une extrême brutalité filmée par les caméras

La situation a rapidement dégénéré. La serveuse a été violemment projetée contre la vitrine du snack puis frappée à plusieurs reprises, entraînant cinq jours d’incapacité totale de travail. Trois clients, qui tentaient de s’interposer pour la protéger, ont eux aussi été roués de coups. L’un d’eux a été touché à la tête par une matraque télescopique, que l’un des policiers était allé récupérer dans son véhicule. Les images de vidéosurveillance diffusées à l’audience ont joué un rôle central. Elles montrent des coups répétés, une absence totale de retenue et des propos se voulant autoritaires, dont l’un affirme exercer un pouvoir policier alors même qu’aucune mission officielle n’était en cours. Pour l’avocat de la serveuse, ces images illustrent un comportement assimilable à celui de justiciers agissant hors de tout cadre légal.

Le passé judiciaire des deux prévenus a également pesé dans les débats

L’un a reconnu une consommation problématique d’alcool et plusieurs condamnations antérieures pour violences, dont certaines n’apparaissent plus à son casier judiciaire. L’autre comparaissait en situation de récidive, après une condamnation prononcée en 2021 pour des faits similaires. À l’issue des débats, la procureure a dressé un réquisitoire sévère, dénonçant l’existence d’une forme de police parallèle exercée par des agents censés incarner l’autorité de l’État. Elle a requis des peines de 23 et 24 mois de prison ferme, assorties d’une interdiction d’exercer toute fonction publique et de porter une arme pendant trois ans. Concernant un client poursuivi pour des violences en retour sur l’un des policiers, le parquet a estimé qu’il se trouvait en situation de légitime défense, considérant qu’il avait cherché à protéger la serveuse et à mettre fin à l’agression. Le tribunal correctionnel de Marseille a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 11 février.

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