Marie Vaislic, rescapée de la Shoah et témoin infatigable, s’est éteinte à 94 ans
Marie Vaislic, rescapée de la Shoah et témoin infatigable, s’est éteinte à 94 ans

Déportée à l’âge de 14 ans dans les camps nazis, Marie Vaislic est décédée ce jeudi 1er mai à Toulouse, à l’âge de 94 ans. Inlassable passeuse de mémoire, elle s’était battue toute sa vie pour que l’horreur de la Shoah ne sombre jamais dans l’oubli. Elle avait publié en 2024 un poignant témoignage intitulé Il n’y aura bientôt plus personne, en collaboration avec une journaliste du Point.

De Ravensbrück à Bergen-Belsen, l’itinéraire d’une survivante

Arrêtée par un milicien à Toulouse le 24 juillet 1944, Marie Vaislic, alors adolescente, est envoyée au camp de Ravensbrück en Allemagne. Elle y découvre l’enfer, avant d’être transférée début 1945 à Bergen-Belsen, où elle sera finalement libérée par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Elle y côtoiera la mort quotidienne, au sein d’un camp qui a vu périr près de 70 000 déportés, dont Anne Frank.

Dans ses derniers mois, Marie Vaislic avait redoublé d’efforts pour témoigner, affirmant avec lucidité que ce pan de l’histoire risquait de devenir « aussi abstrait et lointain que la guerre de Cent Ans » pour les jeunes générations. Son récit glaçant, d’une rare précision, visait à contrer l’oubli, l’indifférence, et les tentations révisionnistes.

Marie Vaislic s’en est allée, mais ses mots, son courage et sa mémoire resteront gravés comme un rempart contre l’effacement.

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