Face à l’explosion des actes antisémites en France depuis octobre 2023, un rapport sur la lutte contre l’antisémitisme a été remis ce lundi au gouvernement. Commandé à l’occasion des assises de février, ce document, rédigé par l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci et le conseiller d’État Richard Senghor, cible principalement l’Éducation nationale et la Justice pour renforcer la prévention et les sanctions.
Renforcer l’éducation et adapter la réponse pénale
Le rapport propose notamment d’intensifier l’enseignement de l’histoire des racismes et des antisémitismes dès le primaire, avec des visites obligatoires de lieux de mémoire tout au long de la scolarité. Il suggère également de créer un nouveau délit visant la provocation ou la négation d’un État reconnu, pour mieux sanctionner l’antisionisme à visée antisémite. Dans les établissements scolaires, des sanctions disciplinaires obligatoires contre les élèves auteurs d’actes antisémites sont également préconisées.
Avec 1.570 actes recensés en 2024, dont 466 dans le milieu scolaire en seulement trois mois, ce rapport entend outiller l’État pour répondre à ce qu’Aurore Bergé qualifie de « lame de fond » antisémite, en conjuguant mémoire, éducation et fermeté judiciaire.