Le revenu des livreurs indépendants continue de s’effondrer. Selon les derniers chiffres de l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (Arpe), publiés ce vendredi, le taux horaire brut a reculé de 34,2 % chez Uber Eats, 26,6 % chez Stuart et 22,7 % chez Deliveroo, entre 2021 et 2024. À inflation constante, les plateformes sont accusées d’avoir tiré les prix vers le bas, malgré l’accord de 2023 censé garantir un revenu horaire minimum.
Des cadences intenables pour survivre
Les livreurs doivent désormais effectuer plus de courses pour un revenu équivalent, voire inférieur. Amandine, livreuse pour Uber Eats en Essonne, livre un témoignage accablant : « 880 euros pour 164 courses aujourd’hui, contre 916 euros pour 140 il y a trois ans. » Le temps d’attente entre les courses s’est également allongé, de +35 % chez Uber et +17 % chez Deliveroo, réduisant d’autant la rentabilité des journées de travail.
Les plateformes se défendent. Deliveroo assure maintenir un revenu de 5,70 euros par course et 26,31 euros de taux horaire brut en livraison. Uber, de son côté, évoque une moyenne de 20,50 euros l’heure. Des chiffres que les syndicats contestent vigoureusement, estimant qu’ils masquent des temps morts non rémunérés.
Les chauffeurs VTC également frappés
La crise touche aussi les chauffeurs VTC, qui dénoncent une baisse moyenne de 20 % de leur chiffre d’affaires. À Bordeaux, un chauffeur Uber et Bolt affirme que « les courses qui valaient 30 euros en font désormais 22 ». Selon l’Arpe, un chauffeur Bolt aurait perdu en moyenne 9 500 euros entre 2022 et 2024.
Face à cette dégradation généralisée, le syndicat Union-Indépendants réclame une rémunération horokilométrique obligatoire et une régulation stricte des algorithmes. Une revendication qui n’a jamais semblé aussi urgente.