Lundi 12 et mardi 13 mai, Tisséo et ses deux anciens hauts responsables, Jean-Michel Lattes (président de Tisséo et vice-président de Toulouse Métropole) et Jean-Michel Evin (ex-directeur général des services), comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des faits présumés de favoritisme dans le cadre de l’attribution d’un marché public lié à la future ligne C du métro toulousain. Tout remonte à une alerte interne lancée en 2019 par Jean-Michel Lattes lui-même, après la présentation d’un rapport de la Chambre régionale des comptes pointant de nombreuses irrégularités dans la gestion de Tisséo. Le document s’attardait notamment sur un marché attribué à la société Algoé, spécialisée dans le conseil en management, pour un montant total dépassant 4 millions d’euros, alors que l’estimation initiale était de seulement 150 000 euros par an sur cinq ans.
Un appel d’offres contourné, plusieurs sociétés en cause
Selon le parquet de Toulouse, l’entreprise n’a pas été sélectionnée dans le cadre d’une procédure concurrentielle normale. Ce manquement aux règles de la commande publique est au cœur des poursuites engagées. Deux autres sociétés seraient également concernées, sans que leur rôle exact dans cette affaire ne soit encore entièrement clarifié. Les magistrats reprochent aux prévenus d’avoir octroyé ou tenté d’octroyer un avantage injustifié lors de la passation et de l’exécution du marché, portant atteinte aux principes fondamentaux de liberté d’accès et d’égalité des candidats. Le procès qui s’ouvre dans quelques jours s’annonce très suivi : au-delà des enjeux juridiques, il soulève une question de transparence dans la gestion d’un projet majeur d’infrastructure dans la quatrième ville de France.