En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les rails changent de visage. À partir de mi-juin, les passagers pourront monter à bord de trains exploités non pas par la SNCF, mais par des concurrents privés : Trenitalia entre Marseille et Paris dès le 15 juin, puis Transdev entre Marseille et Nice le 29 juin. Le paysage ferroviaire français, longtemps dominé par l’opérateur historique, entre dans une nouvelle ère de concurrence.
Trenitalia et Transdev à l’assaut des grandes lignes
Trenitalia, déjà présente entre Paris et Lyon depuis 2023, ambitionne de former un véritable triangle ferroviaire Paris–Marseille–Milan. À raison de quatre allers-retours quotidiens, la filiale française vise un million de passagers dès sa première année, avec un taux de remplissage prévu entre 50 et 60 %. Différents niveaux de service – du standard au business silencieux – seront proposés pour séduire une clientèle variée. Quant à Transdev, sa victoire à l’appel d’offres régional en 2021 marque une première en France pour un opérateur privé sur une ligne TER. Le contrat, d’une durée de dix ans, prévoit jusqu’à seize allers-retours entre Marseille et Nice les week-ends. L’enjeu est de taille : conquérir 10 % du marché régional et maintenir un taux de régularité de 97,5 %. Le pari semble bien engagé : les ventes de billets ont bondi de 50 % depuis leur ouverture.
Une ouverture qui bouscule les équilibres
Cette arrivée de nouveaux opérateurs est saluée comme une chance par l’AFRA, l’Association française du rail. Elle y voit la fin du « malthusianisme ferroviaire » et une opportunité d’améliorer le service sans alourdir les coûts : la Région Sud doublera ainsi l’offre sur la ligne Marseille–Nice sans augmenter son budget. Reste à adapter les infrastructures à cette nouvelle donne. La gare Saint-Charles, à Marseille, doit être restructurée pour fluidifier le trafic, tandis que le déploiement du système européen de gestion du trafic (ERTMS), déjà amorcé autour de Nice, promet une hausse de capacité et une baisse des coûts d’exploitation. Ce bouleversement n’est qu’un début. Trenitalia projette déjà une future liaison Marseille–Milan via Nice et Gênes pour 2028. À condition que la LGV Gênes–Milan, en travaux, soit achevée comme prévu d’ici 2027. En France, le rail entre dans l’ère du choix.