La scène, filmée le 29 juillet dans l’enceinte du tribunal de Nanterre, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux : Me Camilla Quendolo, avocate au barreau des Hauts-de-Seine, y refuse de serrer la main du ministre de la Justice Gérald Darmanin. Un geste de contestation face au projet de réforme pénale porté par le gouvernement. Depuis, l’avocate affirme être la cible de messages haineux en ligne et a déposé plainte pour « cyberharcèlement » et « injures aggravées ».
Un geste devenu politique
Sur les images diffusées, la juriste proteste contre une réforme jugée dangereuse pour les droits de la défense. « Je ne suis pas là pour serrer des mains ni pour valider des réformes qui vont mettre encore plus de difficultés dans nos professions », lance-t-elle, en réaction à une poignée de main proposée par le ministre. Celui-ci, sourire figé, lui répond que le refus de saluer « commence dans l’irrespect ». L’échange, bref mais tendu, s’est transformé en polémique en ligne. Selon la plaignante, les messages hostiles se sont multipliés dans les heures qui ont suivi.
Un déferlement de haine en ligne
L’avocate dénonce désormais des propos haineux, sexistes, voire menaçants. Elle affirme avoir reçu des messages sur les réseaux sociaux ainsi que dans sa messagerie professionnelle. Accompagnée de son confrère Aziz Smira, également présent au moment des faits, elle a décidé de porter l’affaire devant la justice, estimant avoir été la cible d’une campagne de dénigrement orchestrée en représailles à son geste. Le parquet n’a pour l’instant pas communiqué sur la plainte. Du côté du ministère, aucune réaction n’a été apportée à ces nouvelles accusations. La polémique intervient dans un climat particulièrement tendu entre le gouvernement et les représentants des professions judiciaires, alors que plusieurs syndicats d’avocats, de magistrats et de greffiers ont exprimé leur inquiétude face à un projet de loi jugé répressif et précipité.