Labubu - l’armée des fausses peluches débusquée par les douanes @flickr
Labubu - l’armée des fausses peluches débusquée par les douanes @flickr

L’été n’aura pas été tendre pour les trafiquants de peluches. Les douanes françaises ont multiplié les saisies spectaculaires, s’attaquant à un phénomène mondial devenu incontrôlable : la contrefaçon des monstrueuses mais adorées poupées Labubu. En l’espace de trois semaines, plus de 70 000 imitations grossières ont été interceptées sur le territoire, confirmant l’ampleur d’un commerce parallèle qui s’infiltre partout, des routes internationales aux marchés de province.

Des camions chargés jusqu’au toit

Tout a commencé fin juillet, quand les agents interceptent un camion en provenance de Grande-Bretagne. À bord, 25 000 Labubu falsifiées, frappées d’un logo douteux. Le lendemain, coup de filet à Mulhouse : un second camion, reliant l’Espagne à la Pologne, transporte près de 20 000 peluches du même acabit. Les douaniers découvrent rapidement les marques d’une fabrication approximative, jusqu’aux fautes d’orthographe imprimées sur les emballages. La chaîne Pop Mart, détentrice des droits, s’est ainsi vue déclinée en un ridicule « Pap Mort ». Les saisies se poursuivent ensuite sur d’autres axes routiers, preuve que le trafic s’organise à grande échelle.

Des contrefaçons jusque sur les marchés

Si les cargaisons interceptées impressionnent par leur volume, la diffusion locale inquiète tout autant. Dans le Sud, au marché de Vias, deux commerçants écoulaient des articles imitant pêle-mêle les Labubu et d’autres marques cultes comme Coca-Cola, Nike, Minecraft, Pokémon ou Disney. Quelques jours plus tard, au nord du pays, un forain stoppé à un péage admet avoir prévu de proposer ses contrefaçons en lots de stand forain. Les douanes rappellent à cette occasion qu’un simple souvenir de fête foraine peut cacher une fraude bien réelle. En toile de fond, l’attrait frénétique pour ces créatures grinçantes explique la multiplication des copies. Les Labubu, vendus dans des « boîtes mystères » où chaque achat ressemble à un tirage au sort, déchaînent les passions dans les 400 boutiques Pop Mart à travers le monde. Produites volontairement en séries limitées, elles attisent la spéculation et la frustration des collectionneurs, ouvrant un boulevard aux réseaux parallèles. Les douaniers, eux, préviennent que la chasse ne fait que commencer.

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