Le tribunal administratif de Paris a tranché : la manifestation annuelle du « comité du 9 mai », groupuscule d’ultradroite, pourra bien se tenir ce samedi dans la capitale, contrairement à la volonté du préfet de police Laurent Nuñez. Ce dernier avait pris un arrêté interdisant plusieurs rassemblements pour prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Mais le juge des référés a suspendu deux de ces interdictions, estimant qu’elles portaient « une atteinte manifestement illégale à la liberté de manifestation ».
Le « comité du 9 mai » organise chaque année un défilé pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant d’ultradroite décédé accidentellement en 1994 en chutant d’un toit alors qu’il fuyait une intervention policière. En 2024, cette même manifestation s’était tenue sans débordement, ce qui a pesé dans la balance selon le tribunal. Le juge n’a pas retenu l’argument d’un risque élevé de heurts avec les contre-manifestants, soulignant que ces derniers se rassembleraient à plus d’un kilomètre du parcours autorisé.
En revanche, la justice a confirmé l’interdiction de la manifestation antifa prévue au même endroit, jugeant que la confrontation directe entre militants extrémistes aux idéologies opposées aurait pu générer des tensions. Le juge a également relevé que certaines organisations soutenant cette contre-manifestation avaient déjà été impliquées dans des actions violentes. Pour l’heure, seule la manifestation du comité d’ultradroite et un rassemblement de réaction, également validé par le tribunal, sont donc autorisés à défiler dans les rues de Paris.