OQTF
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Alors que la question migratoire s’impose comme un enjeu majeur du débat public en France, le gouvernement se réunit ce mercredi 26 février pour un comité interministériel sur le contrôle de l’immigration. Un contexte marqué par une crise diplomatique avec l’Algérie, principal pays concerné par les expulsions.

En 2024, la France a délivré 140 000 obligations de quitter le territoire français (OQTF), mais seules 20 000 expulsions ont été effectivement réalisées. Selon Didier Leschi, directeur général de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), le nombre de retours a augmenté, mais reste insuffisant. Il déplore que les obligations de quitter le territoire soient encore trop peu suivies d’effet, alors même que la France délivre un grand nombre de visas chaque année.

En 2024, la France a accordé 2,5 millions de visas, dont 250 000 pour des ressortissants algériens. De plus, 30 000 Algériens sont arrivés pour une installation de longue durée. La gestion des flux migratoires avec l’Algérie est particulièrement délicate, les Algériens représentant la première nationalité contrôlée en situation irrégulière, avec plus de 30 000 personnes concernées.

Cette situation s’inscrit dans un climat diplomatique tendu entre les deux pays. Didier Leschi a rappelé plusieurs points de friction récents : l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal en Algérie, le désaccord sur la question du Sahara occidental, l’ajout en juin 2023 d’un couplet anti-français dans l’hymne national algérien, ainsi que les refus répétés du président algérien Abdelmadjid Tebboune de se rendre en visite officielle à Paris malgré plusieurs invitations.

Face à ces tensions, le gouvernement français envisage de durcir sa politique d’expulsions et de renforcer la pression diplomatique sur les pays réticents à réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière. Une politique qui pourrait être au cœur des décisions prises lors du comité interministériel de ce mercredi.

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