Une explosion d’une rare violence a secoué Grenoble ce mercredi soir. Aux alentours de 20h15, un homme a lancé une grenade dans un bar associatif du quartier sensible du Village Olympique, avant de prendre la fuite. Le bilan provisoire fait état d’au moins douze blessés, dont deux dans un état grave, tandis que l’auteur de l’attaque reste introuvable.
Selon le procureur de la République de Grenoble, François Touret de Coucy, l’individu n’aurait prononcé aucun mot avant de commettre son geste. Si toutes les pistes restent envisagées, la thèse terroriste est d’ores et déjà écartée. « Il s’agit d’un acte de violence extrême, qui pourrait être lié à un règlement de comptes », a déclaré le magistrat. L’hypothèse d’un lien avec le trafic de stupéfiants figure parmi celles explorées par les enquêteurs de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS).
Sur les lieux de l’attaque, une intense mobilisation des secours a immédiatement été déclenchée. Près de 80 sapeurs-pompiers ont été déployés pour porter assistance aux victimes, tandis que le CHU de Grenoble a activé son plan blanc afin d’accueillir les blessés. « Une grenade lancée dans un lieu public, c’est une escalade inquiétante », confie un témoin sous le choc.
L’auteur présumé de l’attaque serait également armé d’une kalachnikov, bien que son utilisation reste à confirmer. Sur place, les policiers ont retrouvé la cuillère de la grenade, confirmant l’origine de l’explosion. Alors que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, doit se rendre à Grenoble vendredi pour une visite axée sur la sécurité, cet événement tragique souligne une nouvelle fois la montée des violences dans une ville marquée par des affrontements liés au trafic de drogue.