Fin de la ZFE : remise en circulation de 3 millions de véhicules polluants
Fin de la ZFE : remise en circulation de 3 millions de véhicules polluants

C’est un bond en arrière qui s’annonce à l’Assemblée nationale. À partir du 8 avril, les députés vont examiner une proposition explosive : la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Si elle était adoptée, près de 2,7 millions de véhicules parmi les plus polluants pourraient à nouveau rouler librement dans les grandes villes françaises. Un scénario aux conséquences lourdes, à la fois pour la qualité de l’air et pour la politique environnementale du pays.

Retour en arrière sur fond de pollution urbaine

Instaurées pour limiter la circulation des véhicules les plus anciens et polluants dans les zones urbaines, les ZFE devaient être l’un des piliers de la lutte contre la pollution de l’air. À Paris, Lyon, Grenoble ou Montpellier, elles visaient à restreindre progressivement l’accès des centres-villes aux véhicules classés Crit’Air 4, 5 ou non classés. Une mesure impopulaire pour certains automobilistes, mais justifiée par l’urgence sanitaire : la pollution de l’air tue chaque année plus de 40 000 personnes en France. Or, selon les chiffres analysés par Le Monde, près d’un quart du parc automobile polluant pourrait revenir dans les rues de ces métropoles si les ZFE étaient supprimées. Les conséquences seraient immédiates : trafic plus dense, retour des pics de pollution, et recul brutal des efforts entrepris.

Des effets très inégaux selon les villes

L’impact de cette suppression dépendrait de la rigueur avec laquelle les ZFE sont appliquées. À Paris ou Lyon, où le dispositif s’applique à une large catégorie de véhicules particuliers, le changement serait massif. En revanche, dans des agglomérations comme Nancy ou Clermont-Ferrand, où seules les flottes utilitaires les plus polluantes sont concernées, la suppression aurait un effet plus marginal. La question, désormais, dépasse le cadre technique. Elle oppose deux visions de la transition écologique : celle d’un changement progressif mais contraignant, face à celle d’un relâchement assumé sous pression politique et sociale. Reste à voir si les députés assumeront, au nom de la grogne populaire, d’ouvrir à nouveau grand les vannes du dioxyde d’azote en ville.

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