Dans certains immeubles, a l’abri des regards et loin des grands discours, des particuliers font entrer chez eux des inconnus pour une nuit, une semaine ou plusieurs mois. On les appelle « hébergeurs solidaires » ou « hébergeurs citoyens »: quelques milliers de foyers en France, selon les informations rapportées, qui tentent d’eviter la rue a ceux qui n’ont plus de solution.
Le decor, lui, est moins romanesque qu’on l’imagine: un matelas dans un salon, une salle de bains partagee, des regles simples ecrites noir sur blanc. Cette solidarite monte parce que le systeme d’urgence craque regulierement. Les chiffres donnent le vertige: « au moins » 350 000 personnes sans domicile aujourd’hui, contre 140 000 en 2012, avec une majorite d’etrangers arrives sans point de chute, une hausse des familles et pres de 40 000 enfants concernes.
Une solidarité discrete, un filet qui ne remplace pas l’Etat
Une réalite plus brutale encore se glisse dans les interstices: même avec 203 000 places ouvertes chaque soir dans le parc généraliste et 121 000 dans le dispositif lie a l’asile, entre 30 000 et 40 000 personnes passeraient la nuit dehors ou dans des squats, dont plus de 2 000 enfants. Alors les associations organisent la rencontre, posent un cadre, assurent un suivi avec un référent joignable, histoire de rassurer ceux qui accueillent.
Car l’angoisse revient, tres humaine, tres concrete: « Et si ca se passe mal, on fait quoi ? ». La cohabitation, la responsabilite, les conflits possibles… tout cela pese, et rappelle la limite de ces solutions, utiles mais temporaires, quand l’acces au logement durable reste bloque et que la solidarite privee finit par servir de dernier rempart.
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