Mohamed Amra
Mohamed Amra

L’affaire de l’évasion spectaculaire de Mohamed Amra prend une tournure encore plus sulfureuse avec la mise en examen de Saïd Agouni, un nom bien connu des services de police. Déjà condamné pour sa participation à l’attaque d’un fourgon blindé en 2011 aux côtés du braqueur Rédoine Faïd, cet homme de 47 ans se retrouve une nouvelle fois derrière les barreaux, accusé d’être impliqué dans la cavale meurtrière d’Amra.

Avec lui, 28 personnes sont désormais mises en examen dans ce dossier explosif, dont Amra lui-même, arrêté en Roumanie avant d’être extradé vers la France. Meurtres, tentatives de meurtre, évasion en bande organisée, association de malfaiteurs… les charges sont lourdes et la réclusion criminelle à perpétuité plane sur certains accusés.

Saïd Agouni, décrit comme le logisticien du braquage de 2011, est cette fois poursuivi pour association de malfaiteurs criminelle et correctionnelle. Mais ses avocats montent au créneau : « Il s’est expliqué en garde à vue et lors de son déferrement, et pourtant on ne sait toujours pas précisément ce qui lui est reproché », dénoncent Mes Josselin Guillon et Julia Le Floc’h Abdou. Leur client clame n’avoir aucun lien avec Amra et son évasion.

Sorti de prison après une peine de 15 ans de réclusion, Agouni menait une vie plus discrète avant d’être cueilli par l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) le 3 mars. Pour ses avocats, cette nouvelle arrestation a plus à voir avec son passé criminel qu’avec des preuves tangibles.

Alors, erreur judiciaire ou réel rouage dans l’évasion d’Amra ? L’enquête promet encore bien des rebondissements dans ce dossier où la frontière entre règlements de comptes judiciaires et culpabilité avérée semble de plus en plus floue.

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