Des lutteurs mexicains préfèrent blesser les taureaux plutôt que de dénaturer le combat
Des lutteurs mexicains préfèrent blesser les taureaux plutôt que de dénaturer le combat

Les organisateurs des spectacles de corrida ont rejeté une proposition de la municipalité de Mexico visant à interdire les spectacles impliquant la mise à mort ou la maltraitance des animaux dans la zone abritant la plus grande arène de corrida du monde (qui peut accueillir 42 000 spectateurs).

Un communiqué de l’arène « Plaza México », repris par l’Agence France-Presse, a précisé que cette proposition « constitue une menace claire pour l’une des traditions culturelles les plus importantes de notre pays », ajoutant qu’elle « dénature complètement » l’essence même de la corrida, qui deviendrait, avec cette proposition, « un événement contraire à sa véritable nature, ce qui signifierait le début de sa disparition ».

La maire de la capitale, Claudia Sheinbaum, qui présentera la proposition au Congrès local, a déclaré : « La ville de Mexico ne peut pas continuer à faire de la cruauté un spectacle, prolongeant la souffrance des animaux et leur mise à mort pour le divertissement. »

La proposition interdirait l’abattage des taureaux à l’intérieur et à l’extérieur des arènes, ainsi que l’utilisation d’outils tranchants « provoquant des blessures ou la mise à mort du taureau », comme les épées, les lances et les bâtons, ne permettant que l’utilisation du manteau et de la muleta (tissu rouge).

La proposition pourrait être discutée mardi prochain au Congrès mexicain, où le parti de gauche Morena au pouvoir et ses alliés disposent d’une majorité écrasante. Sheinbaum a présenté sa proposition après trois ans de conflits juridiques entre les promoteurs de la corrida et les défenseurs des droits des animaux, qui souhaitent interdire la corrida dans la capitale.

Des dizaines de partisans du parti écologiste allié au pouvoir ont manifesté devant la mairie pour demander une interdiction totale des spectacles de taureaux, comme cela est déjà le cas dans 4 des 32 États mexicains. Le même débat se poursuit dans d’autres régions d’Amérique latine.

À Bogota (Colombie) et Quito (Équateur), le meurtre des taureaux est interdit, tandis que le Venezuela a annulé certains spectacles de corrida, et les tribunaux du Pérou ont statué contre l’interdiction. En France, le Sénat a rejeté en novembre un projet de loi visant à interdire la corrida aux moins de 16 ans.

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